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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 347

l’autre sur Koltiniani, pour empêcher toute jonction de Macdonald avec lesPrussiens. Du reste, les rapports ultérieurs de Wittgenstein ont prouvé quedéjà une négociation avec le général York était entamée et que les malheursde notre armée donnaient déjà à ses alliés le signal de la trahison.

Macdonald n’avait avec lui que la division Grandjean et six bataillons, sixescadrons et douze canons du général prussien Massenbach. York suivait à unejournée de distance, à la tète du gros du corps prussien. Le 26 décembre, nossoldats rencontrèrent les Russes près de Tilsitt. La brigade Bachelu et la cava-lerie prussienne culbutèrent le corps du général Laskow; deux régiments en-tiers mirent bas les armes, et les Russes abandonnèrent Tilsitt. Le 29, le duc deTarente entrait dans cette ville, le Niémen franchi.

Mais déjà le général York négociait avec le général russe Diébitch.Les

circonstances de cette négociation et les expressions mêmes des articles arrê-tés, le 3, à Fourogeu, ont tout le caractère de la plus odieuse trahison. Aureste, la façon timorée, les précautions oratoires par lesquelles York annonceau maréchal Macdonald ce lâche traité, témoignent combien son auteur sent lahonte qui doit rejaillir sur son parjure. « Quelles que soient les apparences,dit-il, les motifs les plus purs me guident. » Mais, tout en se montrant doué dutriste courage de braver le jugement qu’il avoue qu’on pourra porter sur lui,il se garde bien de révéler quels peuvent être ces motifs si purs qui l’entraînentà déshonorer sa vie militaire. Toutefois, il est juste de dire que cette déser-tion de nos alliés, dans de si graves circonstances, ne s’opérera pas sur tousles points avec le même cynisme, car York, ayant donné ordre à Massenbachd’abandonner le poste que lui avait confié le maréchal, ce dernier avisa Macdo-nald qu’il suivait forcément un système d’obéissance passive, et sa lettre débuteen s’excusant de n’être pas venu personnellement le trouver, vu sa crainte den’avoir plus, en voyant le duc de Tarente, la force d’obéir aux honteuses obli-gations qu’on lui imposait....

La défection des Prussiens, œuvre ténébreuse d’une société secrète qui com-mençait dès lors à s’accréditer en Allemagne (1), fut l’objet d’une sorte de dé-faveur du roi Frédéric-Guillaume , qui n’osait apparemment point encore leverle masque. Toutefois, il est avéré qu’en même temps que sa majesté prus-sienne chargeait son ambassadeur à Paris de réitérer à l’empereur Napoléonles expressions de son inviolable fidélité aux engagements qu’elle avait con-tractés envers la France , un aide de camp de cette même majesté partait pourle quartier général russe annoncer à l’empereur Alexandre que la Prusse netarderait pas à se réunir à lui. Au reste, il est formellement acquis qu’à l’é-poque où Alexandre vint à Wilna (22 décembre), nul dans l’état-major impé-rial ne doutait plus de la neutralité transitoire de l’Autriche et de la très-pro-chaine alliance de la Prusse. Plus tard, les Prussiens tirèrent contre nousavec nos propres fusils vendus par Alexandre, comme dépouilles de nos pri-

(t) La société du Fvgend-bund, littéralement lien de vertu, c'est-à-dire société des amisde la vertu.