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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 353

encore en désordre; l’infanterie seule put donner. Le général, bien que toutd’abord blessé à l’épaule, dirigea avec tant de sang-froid la résistance, que lesalliés ennemis se retirèrent, ce qui nous permit de poursuivre notre retraitejusqu’à Pusiezga. Dans la même soirée, l’armée de Portugal rencontra leséclaireurs de l’avant-garde du roi Joseph, lequel venait, à la tète de l’arméedu centre, appuyer les opérations sur le 'formés. Mais ce puissant renfort étaitdésormais inutile.

Cependant le gros de l’armée d’Aragon n’avait point quitté ses cantonne-ments, et le quartier-général du maréchal Suchet était resté à Valence . Lepays était désormais si calme, si profondément pacifié, qu’il suffisait d’unsimple cavalier d’ordonnarfce pour le transport des dépêches. Mais bientôt lanouvelle des reprises de Ciudad-Rodrigo et [de Badajoz et eniin la victoire desAripiles échauffèrent les tètes, et les partis se révélèrent de nouveau. Diverschefs de bandes reparurent Mfna, le plus audacieux peut-être, fut battu, dansune surprise nocturne, par le général Pannetier, qui fit sur les partisans unbutin considérable. De son côté, le maréchal Suchet fit pousser par le généralHarispe, jusqu’à Alicante , une reconnaissance qui prouva que cette ville sepréparait à une vigoureuse résistance. Mais par ailleurs, le maréchal Soultayant fait lever le siège de Cadix , le premier corps abandonna, non sans de vifsregrets, les immenses travaux, fruits de sa patience et de son courage. La re-traite eut lieu sur Cordoue, et l’arrière-garde, restée à Séville , dut suivre cemouvement. Nos troupes ne cessèrent d’escarmoucher avec les Anglo-Espa-gnols que lorsqu’elles furent sorties de l’Andalousie . Le cinquième corps,commandé par le général Drouet, comte d’Erlon, et qui, depuis la fin de mai,se trouvait retiré sur les limites de l’Estramadure et de la province de Cor-doue , rejoignit à Iluescar le gros de l’armée du maréchal Soult, lequel conti-nuait sa retraite, et arriva ainsi vers la fin de septembre à Yécla .

Notre retraite, déjà pénible à cause de la saison torride et de la difficulté dessubsistances, se compliqua d’un fléau contre lequel le courage était impuis-sant; nous voulons parler de la fièvre jaune qui régnait dans la province deMurcie à l’époque du passage de nos soldats. On prit les plus grandes précau-tions pour préserver les troupes de tout contact avec les habitants des paystraversés. Grâce à une extrême vigilance et à des soins sans nombre, le fléaunous fit peu de mal, et nous gagnâmes enfin la frontière du royaume de Va-lence. L’armée du Midi s’arrêta dans les plaines d’Almanza, où un obélisqueconsacre par des inscriptions le souvenir de la victoire remportée, sur ceslieux mêmes, lors des guerres de succession, en 1707, par le maréchal deBerwick contre l’armée des alliés qui, de 35,000 combattants, fut réduite à6,000. L’armée se reposa quelques jours dans les plaines, et le maréchal Soulten profita pour s’entendre avec le roi Joseph sur les mouvements ultérieurs.Ce fut alors que le retour sur Madrid fut décidé.

Une anecdote assez curieuse prend ici sa place, à propos de la prise du fortde Chinchilla , qui commandait la route d’Almanza à Albacèle. Ce fort, appelédans le pays torre del capitan, est bâti sur un immense rocher qu’entoure unni. 45