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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

fossé creusé dans le roc même. Armé de six canons, défendu par 400 hommesque commandait un lieutenant-colonel très-résolu à se défendre, la position dece fort lui donnait une sorte d’inexpugnabilité qui rendait assez difficile l’exé-cution des ordres que le général Drouet avait reçus de Soult, car l’attaque devive force ne présentait aucune chance de succès. Il n’y eut qu’à le bloquer.Mais le mouvement de l’armée allait contraindre à lever ce blocus qui duraitdepuis quatre jours déjà, lorsqu’un orage épouvantable grondant sur la con-trée, la foudre tomba sur le gouverneur qui était à table, et le tua raide. Lagarnison épouvantée, prenant cet accident pour un ordre du ciel, ouvrit sesportes aux Français .

De son côté, le général Clausel s'était, durant sa retraite sur Rurgos, occupéde réorganiser l’armée de Portugal. 11 réoccupa Valladolid et, le 19 août, con-traignit le général anglais, Anson, à repasser le Duero , à la tète de l’avant-garde ennemie. Wellington, bientôt étonné des actives démonstrations de cettearmée de Portugal qu’il croyait réduite à l’impuissance, quitta Madrid et s’a-vança sur Valladolid , que le général Clausel évacua le 5 septembre. Dans saretraite sur Burgos , l’armée française se replia en bon ordre, faisant toujoursface à l’ennemi, et détruisant tous les ponts sur son passage. Le général enchef anglais se trouvait le 16 septembre à Pamphiga; Santo-Cildès, général enchef de l’armée de Galice , vint le rejoindre à ce quartier général avec soncorps. De son côté, le général Souham , qui se trouvait encore à la tête de6,000 hommes de l’ancienne armée du Nord, effectua, le 18, sa jonction avecl’armée de Portugal, entre Burgos et Briviesca . Toujours souffrant de la bles-sure qu’il avait reçue à la bataille des Arapiles , Clausel remit à ce général lecommandement en chef. Souham laissa une garnison de 1,800 hommes augénéral Dubreton pour garder le château de Burgos , et évacua cette ville pourporter son quartier général à Briviesca .

Pour bien saisir l’importance de la belle défense de ce château de Burgos ,il importe d’en connaître la situation stratégique. Bâti sur une colline oblongueet de forme conique, dont la partie inférieure était environnée d’un ouvragedécouvert, l’ancien donjon s’élève sur le sommet du mont couronné par unebatterie casematée. Les Français avaient ajouté à ces défenses deux lignes deredoutes enveloppant la colline. Un plateau, situé à cent toises du donjon,était défendu par un ouvrage à cornes, mais faible et d’une défense peu sûre;et encore, lors du siège, les travaux n’en étaient-ils pas achevés. ToutefoisBurgos ne laissait pas que de défendre d’une façon assez respectable ce seuldépôt de munitions et de vivres qui restât à notre armée de Portugal.

Wellington, sentant toute l’importance de la prise du château de Burgos , sedécida à en faire le siège, bien qu’il ne fût pas muni de tout l’appareil d’artil-lerie qui eût été nécessaire. Il profita donc de la retraite de notre arméepour venir sur nos derrières occuper en partie la ville et cerner le château.

L’attaque des Anglais se dirigea d’abord sur le plateau Saint-Michel, où nostravaux de défense n’avaient pu être achevés. Un bataillon de ligne défenditvigoureusement cette position insuffisante contre quatre bataillons ennemis;