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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 355

mais le trop grand développement de la ligne à garder ne permettait point d’op-poser sur chaque point des forces suffisantes à l’attaque, de sorte que, le palis-sadement de la gorge manquant sur les revers, les Anglais purent pénétrerdans l’intérieur, malgré le feu soutenu du château. Le bataillon de ligne, con-traint de céder au nombre, dut, pour se retirer, se faire jour à la baïonnette,au milieu des masses d’ennemi qui l’enveloppaient dans l’ouvrage même. Nospertes, dans ce premier engagement, furent de 142 hommes, dont 5 officiers.Le commandant fut blessé au ventre. Les Anglais , infiniment plus maltraités,payèrent de 420 morts ce premier et irrémédiable succès.

Le château n’étant point assez vaste pour conlenir les 1,800 hommes desti-nés à le défendre, le général Dubreton avait disséminé sa garnison entre lesdeux lignes de redoutes qui entouraient la colline. Dans la nuit du 22 au 23,les assiégeants, en grand nombre, s’avancèrent munis d’échelles pour attaquerde deux côtés opposés. A peine furent-ils parvenus sur les parapets, qu’ils fu-rent culbutés et leurs troupes d’appui mises en fuite, tant notre fusillade étaitvive, et nombreux les obus lancés dans le fossé. L’ennemi perdit beaucoup demonde à cette première tentative; le fossé était presque comblé de cadavres.

Ainsi repoussés, les assiégeants coururent se mettre à l’abri dans les mai-sons voisines, et y commencèrent un feu très-vif sur tous les points du fort oùils purent viser. Puis, voyant l’inutilité de leurs efforts, les Anglo-Portugaischangèrent leurs moyens d’attaque, en employant la sape et lamine. Mais lesassiégés purent encore, du haut de leur muraille, faire pleuvoir sur les tra-vailleurs une grêle d’artifices qui les obligea à se retirer de nouveau.

Le 29, un peu après minuit, les assiégeants, qui avaient placé des fourneauxsous le terre-plein d’une partie du camp retranché, y mirent le feu, dans l’es-poir d’ouvrir la brèche; mais la tentative d’assaut fut repoussée par une fusil-lade des plus vives. Wellington, au même moment, échouait sur un autrepoint d’attaque, et ne fut pas plus heureux en employant du gros calibre pourtenter d’ouvrir une brèche. Le feu supérieur des assiégés démonta ses pièceset tua presque tous ceux qui les servaient. L’ennemi, ainsi repoussé, se décidaà entreprendre de creuser une nouvelle galerie sous la muraille, ce qui suspen-dit l’attaque de quelques jours. Le 4 octobre, une mine habilement placée fitenfin sauter la partie inférieure du camp retranché. Les assiégeants se jetèrenten grand nombre dans cette issue et tinrent tête aux nôtres qui les fusillaientet les mitraillaient à bout portant. On cite un trait d’héroïsme dont cet épisodefut l’occasion, et bien qu’il ne s’agisse, ou peut-être même, parce qu’il nes’agit que d’un simple soldat, nous nous plaisons à le reproduire. Le canon-nier Vanderkoff servait une pièce de flanc qui portait les feux sur une desbrèches : la colonne anglaise débouche, descend le ravin, et gravit le reversopposé. L’infanterie française se replie derrière un autre retranchement; lescanonniers suivent le mouvement, à l’exception de Vanderkoff, qui reste seulà sa pièce abandonnée. Cependant la troupe ennemie approche, trois hommess’en détachent, et montent sur la brèche pour la reconnaître; ils aperçoiventVanderkoff, et s’élancent sur lui ; mais l’intrépide canonnier, que rien n’inti-