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HISTOIRE DE L’ARMEE
mide, saisit un levier, les étend tous trois à ses pieds, retourne lestement à sapièce chargée à mitraille, y met le feu à l’instant où, sans défiance, la tête dela colonne anglaise débouche en masse, et vingt cadavres couvrent le sol !
Le 5 octobre, le général Dubreton fit une sortie à la tète d’un détachementde pionniers et de deux compagnies de voltigeurs, qui passèrent résolûment àla baïonnette tout ce qui ne put s’enfuir. Une grande partie du camp retran-ché fut reprise par les voltigeurs, tandis que les pionniers détruisirent les tra-vaux commencés par l’ennemi. Les Anglo-Portugais continuèrent ces travaux,en les étendant jusqu’au glacis. Le général Dubreton par une nouvelle sortieexécutée avec une rare intrépidité et un extrême bonheur, non-seulement an-nula toute l’œuvre d’attaque, mais encore fit bon nombre de prisonniers.Le lendemain, les assiégeants réussirent à se rétablir derrière les parapetsretournés du camp retranché, d’où ils purent diriger sur la place un feuterrible, et une brèche importante y fut bientôt praticable. Pourtant l’ennemiretarda jusqu’au i8 pour donner de nouveau l’assaut. De grand matin nossoldats ouvrirent un feu très-vif, qui toutefois n’empêcliait pas 8 bataillonsennemis de se disposer en colonnes dans les tranchées. Sur ce fait une mineabattit tout un pan du mur crénelé ; l’ennemi profita de la confusion causéepar l’explosion pour avancer. Ces trois colonnes se divisèrent; la premièremarcha sur la brèche nommée San-Romano; la deuxième, munie d’échelles,s’avança sur la seconde enceinte; la troisième enfin se dirigea sur la pluslarge brèche, celle de Saint-Michel. La partie de la garnison qui défendaitSan-Romano, ne s’étant pas trouvée en force pour arrêter l’invasion ennemie,dut se replier sur la seconde enceinte; mais une mine très-heureusement pla-cée sous la chapelle de San-Romano devait amplement venger cette retraite.Le feu mis à une fougasse fit brusquement crouler tout l’édifice sur la massedes assiégeants.... Deux bataillons anglais furent entièrement anéantis par cetteformidable explosion. L’ennemi intimidé, et d’ailleurs très-vigoureusementcanonné par une demi-lune qui le prenait en flanc, se retira dans le plus granddésordre. Un échec à peu près aussi désastreux attendait la deuxième colonneà son attaque de la seconde enceinte avec les échelles; la troisième colonneseule, opérant sur la brèche de Saint-Michel, débuta avec plus de bonheur.
Cette colonne, où Wellington avait placé ses meilleures troupes, parvint àenlever la brèche de la seconde enceinte, et à arriver au pied du corps de laplace, où quelques soldats purent même pénétrer. Mais ce succès ne pouvaitni se développer, ni être de quelque durée. Ralliant sa garnison, le généralfrançais chargea vigoureusement et chassa les détachements qui avaient pupénétrer dans la troisième ligne. L’ennemi, repoussé et poursuivi sur tous lespoints par d’énergiques sorties, prit une résolution désespérée; le 22, il fitsauter le magasin à poudre qu’il.avait établi sur les hauteurs de Saint-Michel.Ce fut comme le signal retentissant de sa retraite, après trente-cinq jours d’unsiège qui lui coûtait plus de 3,000 hommes, quand nos morts et nos blessés nes’élevaient pas à 500. Wellington, dans la mémoire duquel l’héroïque Dubretonavait si glorieusement imprimé son nom, se retira juste la veille du jour où