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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 357

Burgos vit entrer dans ses murs brûlés et sanglants l’avant-garde de l’arméefrançaise. Wellington se retira sur le Duero .

Nous avons parlé des entrevues que le roi Joseph et le maréchal Soultavaient eues ensemble; Suchet et Jourdan s’étaient vus appelés à ces conféren-ces, dont l’objet était d’arrêler le plan des mouvements ultérieurs. Il fut dé-cidé que les deux armées du Midi et du Centre, reprenant l’offensive, essaie-raient de rejeter les Anglais en Portugal . Le général en chef de nos troupesdans ce pays reçut des ordres pour coopérer à ce plan. Le maréchal Suchetdevait, à la tête de l’armée d’Aragon, maintenir la tranquilité dans l’Espagne orientale et garder le littoral. Suivant le plan arrêté, vers les derniers joursd’octobre, les armées du Midi et du Centre se mirent en marche par la routede Madrid à Valence , tandis qu’à la tête de sa garde, le roi Joseph prenait uneroute parallèle au milieu des défilés de Cabrillas et de Sieta-Agnas, afin degagner Cuenca d’abord, puis Ocaïia. Il arriva sur ce dernier point en mêmetemps que le maréchal Soult. Par un de ces rapprochements dont les hasardssont assez prodigues dans la vie militaire, le frère de l’Empereur passa en revueles deux armées françaises sur le lieu même où, trois ans auparavant, et avecle concours de Soult, il avait remporté une mémorable victoire.

Pendant ce temps, le général anglais Hill se retirait de la ligne du Tage pour gagner la rivière de Xarama, un peu au-delà d’Aranjuez . Nos troupesfranchirent le Tage, et Hill continua à battre en retraite vers Madrid . Nous luiprîmes 300 hommes d’arrière-garde à Valdemoro . Les Anglo-Portugais, tra-qués par notre avant-garde, se virent contraints de dépasser Madrid , et paru-rent décidés à se rallier à l'armée de Wellington, qui, à la suite de son échecsous les murs de Burgos, se retirait dans la Vieille-Castille. Joseph rentra à Ma-drid le 2 novembre; mais, pénétré de l’importance qu’il y avait à affranchirl’Espagne de la présence des Anglais , il reprit bientôt sa marche dans la di-rection suivie par l’ennemi.

Les deux grands corps de Hill et de Wellington se réunirent le 8 novembresur la rive gauche du Tormès. Nous rejoignîmes le 9 leurs avant-postes. Wel-lington s’était promptement mis en position de défense à San-Cristoval, enavant de Salamanque . Le 10, l’avant-garde de notre armée du midi, qui mar-chait en tête des troupes françaises, s’avança devant Alba où campaient lesPortugais, et les contraignit de franchir le Tormès. Le duc de Dalmatie passales jours suivants à étudier les positions ennemies, à reconnaître les gués duTormès, le but de nos généraux étant, le fleuve franchi, de tout faire pour con-traindre le général-lord à accepter une grande et décisive bataille.

Le comte d’Erlon commandait l’armée du Centre, au milieu de laquellemarchait le roi Joseph. Le maréchal Jourdan était à l’armée du Midi avecl’état-major général. Notre armée de Portugal s’avançait de son côté vers Sa-lamanque sous les ordres du général Souham ; Jourdan, chef d’état-majordu généralissime, avait aussi réussi à concentrer sur un point important toutesles forces que la France avait encore dans la Péninside, le corps du duc d’Al-buéra excepté. Nous avions alors sur les bords du Tormès environ 92,000