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Tome troisième.
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360 HISTOIRE HE L’ARMÉE

Lamarque, ce général ne mit que quelques heures à jeter l’ennemi hors deses retranchements.

De son côté, le baron d’Eroles menaçait le fort San-Philippe de Balaguer.Le général Lamarque et le général Maurice Mathieu le contraignirent aussi às’éloigner, sans avoir pu cependant l’amener à engager la bataille. Mathieurentra, le 2 décembre, à Barcelone avec un convoi considérable de vivresdont il s’était emparé sur la route. Partout les Espagnols se retirèrent à notreapproche, se fortifiant à la hâte çà et là, et abandonnant presque toujoursleurs positions à la vue de nos avant-gardes, en Biscaye comme en Catalogne .Le général Caffarelli, qui commandait dans la Biscaye et la Navarre, avait dûse rapprocher de l'armée de Portugal à l’époque où notre concentration visaità offrir la bataille à Wellington, près de Salamanque . Profitant de notre éloi-gnement momentané, les Espagnols tentèrent de réoccuper quelques positions,mais ces intentions n’eurent leur réalisation dans aucun fait valable. Partoutle simple avis de notre retour mit les bandes nationales en retraite, et il n’veut nulle part un engagement sérieux. Le 31 décembre, Caffarelli avait re-pris son quartier général à Bilbao, et Santona était ravitaillée. Les Français occupaient Barcena, Limpias, Colindrès, Escalante et Laredo. Les Anglais avaient abandonné Saint-Ander, de sorte que cette année de 1812, commencéed’une façon si funeste pour notre influence dans la Péninsule, prenait, en finis-sant, une tournure on peut dire imprévue autant qu’heureuse, car nous n’a-vions guère plus en Espagne d’autres ennemis que les Espagnols eux-mêmes.Mais Wellington ne devait pas tarder à reprendre cette offensive dont il s’étaitsi étrangement départi à la journée de Salamanque .

Nos désastres du Nord avaient contraint l’Empereur à désorganiser l’arméepéninsulaire, surtout en vue de réformer ses corps d’élite. Le maréchal Soult,dont les grands talents militaires eussent été si précieux à l’armée d’occupa-tion, fut appelé à la grande armée d’Allemagne; nos forces en Espagne restè-rent donc sous le commandement immédiat du roi Joseph-Napoléon , ayant lemaréchal Jourdan pour major général. Au commencement de 1813, nousavions encore en Espagne environ 100,000 hommes ainsi répartis : dans laCastille et dans le royaume de Léon,’ se trouvaient les armées dites du Midi,du Centre et du Portugal , présentant un effectif de 70,000 fantassins et 8,000cavaliers. 20,000 hommes occupaient le nord. Les Anglo-Portugais, retirés enPortugal depuis leurs défaites de la dernière campagne, s’v étaient réorgani-sés et renforcés au chiffre de 80,000 hommes auxquels il faut ajouter 30,000Espagnols campés en Gallicie et dans la Nouvelle-Castille.

Wellington, ayant repris confiance, résolut, vers le milieu de mai, de ten-ter un grand mouvement dont le but était de couper la ligne de communica-tion de notre armée avec sa frontière, en traversant la province portugaise deTras-os-Montès. Une partie de son armée franchit le Duero sur des ponts vo-lants, marchant sur Zamora, tandis que lui-même, renforcé des Espagnols que commandait le général Freyre, marchait vers Salamanque par Ciudad-Rodrigo . Le 21 mai, toute l’armée ennemie put se concentrer à Poro. Ce mou-