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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 363

tugalau plus vite, etjusteau moment où celle-ci, aprèsavoirvaillammentrésistéaux masses qui l’écrasaient, opérait vers Betono son mouvement de retraite.Là elle put prendre position et contenir la gauche de l’ennemi.

Il est à remarquer que, depuis quatre heures du matin que l’action avait étéengagée sur l’extrême gauche, nos trois petites armées, bien qu’elles eussentà lutter contre un ennemi trois fois supérieur en nombre, n’avaient cependantcédé qu’environ une lieue de terrain. Il est plus que probable que, renforcésde l’armée du Nord et par les divisions attendues, nous n’eussions pas tardé àressaisir tout l’avantage.

Le roi Joseph, dont la conduite militaire durant cette journée regrettablen’a peut-être pas mérité les diverses critiques dont elle a été l’objet, prévoyantsans doute la possibilité d’un mouvement rétrograde sur Salinas, avait donnéordre de diriger sur Bayonne le grand convoi parqué sous Vitloria, et qui con-tenait les voitures, les équipages des généraux, les fourgons, les magasins etle trésor impérial. Dix voitures portant une cinquantaine de canons sans af-fûts, et qui provenaient du fort de Burgos (canons qui figurèrent déloyale-ment plus tard dans le bulletin anglais comme s’ils avaient été conquis sur lesFrançais pendant la bataille), faisaient également partie de ce convoi, que legénéralissime songeait à mettre en sûreté. Son ordre ne fut par malheurqu’imparfaitement exécuté; une petite partie du convoi parvint seule àBayonne .

Dès que Wellington eut pu s’emparer delà route de cette ville, il chercha àse rendre aussi maître de celle de la Navarre; mais son dessein ayant été de-viné, les armées du Centre et du Midi, accélérant leur mouvement vers le vil-lage d’Arbalo, y mirent obstacle. Nous avons dit plus haut que les ordres dugénéralissime, relatifs au départ des équipages et convois, n’avaient point étéexécutés, et cela parce que l’ennemi occupant la route de Bayonne , personneparmi nous ne connaissait un chemin à travers terre qui permît d’entre-prendre le circuit par Pampelune . Voyant l’armée qui faisait en partie re-traite, un escadron de hussards ennemis n’ayant pas la patience d’attendre l’é-loignement des nôtres, ou craignant peut-être une reprise d’attitude de notrepart, se jeta à travers nos rangs sur les équipages où le bruit s’était répanduque se trouvait le trésor de l’armée. Au sein du désordre qui signala cettetrouée avide au milieu de convois et de véhicules embourbés, les Anglais etles Portugais ne furent pas, dit-on, les seuls qui prirent part au pillage... Maisce ne fut là qu’un rapide épisode de celte journée regrettable. L’ordre et ladiscipline régnaient encore au milieu des armées de Reille et de Gazan. Lagarde royale de Joseph et une partie de l’armée du Centre avaient conservéleurs rangs. Toutefois, le désordre qu’avait jeté dans notre centre l’affaire dupillage des équipages, permit à l'ennemi de faire une pointe dans la masse desnôtres. Jourdan, dont le cheval avait été tué, s’était trouvé séparé du roi, etcherchait vainement à le rejoindre. Marchant à pied au milieu de l’infanterie,le maréchal, inquiet du sort de Joseph qui ne rejoignit que plus tard, envoyale général Hugo, aide-de-camp du roi, pousser une reconnaissance vers la