ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 365
Bidassoa et garder la place de Bayonne; le général anglais n’eût pas osé pé-nétrer dans les Pyrénées, en laissant 100,000 Français derrière lui. Cette ma-nœuvre avait obtenu l’assentiment des généraux les plus distingués de l’armée;toutefois, le roi et le maréchal Jourdan jugèrent que le défaut de grande routeau centre des Pyrénées, depuis Bayonne jusqu’à Perpignan , et l’esprit qui ani-mait les Catalans et les Aragonais, ne permettaient pas de suivre exclusivementla ligne stratégique; mais alors il eût fallu se baser sur Bayonne , éviter unebataille, ou du moins la recevoir sur les hauteurs de Salinas. Jourdan en eut,dit-on, le projet, mais l’opinion des généraux repoussait l’idée de s’enfoncerdans les montagnes, sans tenter de disputer encore la possession de la Castille.On murmurait d'évacuer le pays depuis le Duero sans avoir tiré l’épée, et ons’aveugla au point de ne pas se débarrasser des impedimenta qui obstruaientl’armée. Le camp de Joseph ressemblait à celui de Darius, il était encombréde tous les équipages et les familles des malheureux Espagnols qui avaientaccepté des fonctions sous son règne, et le nombre en était grand. A la vérité,une partie de ces bagages étaient partis la veille de la bataille de Tolosa, sousl’escorte de la division Maucune, de l’armée de Portugal ; toutefois, il en res-tait encore beaucoup plus que n’en permettait la situation des affaires.
Wellington, tout étonné de sa facile victoire, négligea de poursuivre notrearmée, dont la retraite sur Pampelune s’effectua sans grand obstacle. Le 23juin au soir, notre avant-garde n’était qu’à trois lieues de cette place. On puts’arrêter et réorganiser un peu les corps appelés à se diviser bientôt. Nouscomptions encore alors plus de 30,000 fantassins, que les réserves en artillerieet en munitions de Pampelune eussent au besoin surabondamment approvi-sionnés. Nous n’avions pas perdu, soit en morts, blessés ou prisonniers, depuisle passage de l’Èbre , plus de 4,000 hommes. Beaucoup d’historiens cherchentà constater que notre situation nous eût encore parfaitement permis de nousmaintenir dans la Navarre , surtout étant rejoints par les corps de Clausel etde Foy. La position stratégique de Pampelune, adossée aux Pyrénées , eût punous permettre de tenir les alliés en échec, tandis que ces deux généraux opé-reraient sur leurs derrières en rejoignant. Mais le roi se contenta de mettreune garnison dans la place, et dans la soirée du 24 le mouvement de retraitecontinua pour franchir les Pyrénées .
Le 27 juin, cette opération fut terminée. Gazon, qui dirigeait l’armée duMidi, arriva à Saint-Jean-Pied-de-Port par Roncevaux , tandis qu’à la tète del’armée du Centre le général Drouet d’Erlon, suivant la vallée de Baslan, ga-gnait Urdach et Ainlioa. Reille, enfin, avec l’armée dite de Portugal , débou-chant par Sarre, gagnait Echalar.
Le général Foy, dont la présence, comme celle de Clause ], nous avait tantmanqué dans la journée de Vittoria, n’en avait pas moins rendu des servicesréels dans ses opérations contre les bandes qui infestaient la Biscaye . Appre-nant le résultat de la dernière affaire avec Wellington, il railla les divers dé-tachements disséminés sous ses ordres, et se replia sur Tolosa. Il concentraainsi 16,000 hommes à l’aide desquels il se fortilia et se barricada dans ce