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HISTOIRE DE L’ARMÉE
bourg. Le général Graham, qui avait dû abandonner la poursuite du gros denotre armée, se décida à attaquer Foy dans Tolosa. Celui ci, écrasé par le nom-bre, et après un engagement des plus meurtriers où les pertes furent balan-cées, abandonna sa position, mit une garnison dans Saint-Sébastien, et, se re-pliant sur Irun, il refranchit la Bidassoa , dont il coupa le pont ses troupespassées.
Il faut dire, pour que toutes les raisons de nos revers en Espagne puissentêtre appréciées, qu’à l’époque où notre armée se replia ainsi sur la frontière,Bayonne , qui ne possédait ni garnison ni munitions, n’était qu’un bien insuf-fisant point de concentration. On s’étonne comment notre désastre n’a pas étéplus grand, lorsqu’on envisage combien, avec un peu d’audace, il eût été fa-cile alors à Wellington d’achever notre ruine, en franchissant la Bidassoa .Mais Soult devait être replacé à la tête du commandement de notre armée enretraite, et en compléter la réorganisation déjà commencée par Jourdan, lors-que Napoléon vit la nécessité, en présence des Anglo-Portugais aux confinsméridionaux de l’Empire, de ne pas perdre un jour pour rétablir la partie.
Nommé lieutenant général de l’Empereur près l’armée d’Espagne , investide pouvoirs illimités, le duc de Dalmatie arriva à Raguena le 12 juillet. Il di-visa nos forces en neuf divisions, plus une réserve. Reille eut le commande-ment de l’aile droite et Clausel celui de l’aile gauche; le centre fut placé sousles ordres de d’Erlon, L’ensemble de notre effectif présentait 60,000 hommes,renforcés de quatre divisions de cavalerie grosse et légère et de 100 canons. Aces forces l’ennemi opposait 90,000 fantassins, 20,000 chevaux et les corps quibloquaient Saint-Sébastien et Pampelune . Soult démontra dans la réorganisa-tion de notre armée une activité, des talents qui eussent évidemment sauvénotrè frontière, si la fortune de la guerre n’eût pas, depuis toute la durée decette campagne, déployé contre nous toutes ses fatalités.
Le duc de Dalmatie ne perdit pas un instant pour prendre l’offensive dèsqu’il se vit en mesure. Les généraux Rey et Cassan, qui commandaient, l’unSaint-Sébastien et l’autre Pampelune , furent avisés que l’ennemi allait êtrecontraint de lever le siège de ces places, auxquelles il ne restait plus que dixjours de vivres. Les divisions Foy, Maucune et Lamartinière, qui formaientl’aile droite, furent rassemblées du 20 au 21 juillet à Saint-Jean-Pied-de-Port ,où arrivèrent aussi les divisions Couroux, Taupin, Abbé et Vandermaesen, del’aile gauche. D’Erlon reçut ordre d’attaquer le col de Maya avec le centre dontles divers commandements divisionnaires étaient laissés aux généraux Darricau,Darmagnac et Maransin. Pour plus de précision dans l’exposé de cette intéres-sante campagne, nous analyserons le récit que nous trouvons dans un des plusimportants ouvrages qui aient traité de notre défense des Pyrénées . Ce récit estle résumé des divers écrits que nous ont laissés les généraux qui prirent partà ces événements.
« L’armée française, lit-on dans ces pages consciencieuses, présentait alorsun front de onze lieues d’étendue. Le général Reille, qui commandait l'ailedroite, prit, le 25 juillet, avant le jour, la route qui conduisait au passage de