ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 367
l’Indus. Le soir du même jour, Clausel marcha avec l’aile gauche par la routedirecte de Pampelune , déposta l’ennemi du défilé d’Altobiscao, et parut au pieddu col d’Ibagnetta. Dans la nuit, les positions de l’Indus et d’Ibagnetta furenabandonnées par l’ennemi, qui rejoignit le gros de l’armée campé devant Zi-bury, où les deux routes qui conduisent à Saint-Jean-Pied-de-Port ont leurpoint de rencontre. Le général Reille, étant empêché par un épais brouillardde lier son mouvement avec celui du comte d’Erlon, fut obligé d’obliquer àl’est pour rejoindre la colonne du général Clausel, et prit position à Espinal.Cependant le col de Maya avait été enlevé par le comte d’Erlon; le corps anglo-portugais qui défendait cetle position s’était vu divisé en deux et battu avecperte de d,800 hommes et de 4 pièces de canon; mais le général français s’é-tait borné à cet avantage, et avait pris position sur les lieux plutôt que de pour-suivre l’ennemi. Cette nouvelle parvint le 26 au soir au maréchal, qui ordonnaaussitôt au comte d’Erlon de se mettre de nouveau en mouvement et de nes’arrêter que lorsqu’il se serait rapproché de l’armée ennemie. La position deZibury, occupée par les alliés, ne semblait pas tenable. Cependant le maréchalne jugea pas à propos, bien qu’arrivé en présence dès le soir même, d’or-donner l’attaque avant que le centre de l’armée fût parvenu à hauteur. Ceretard donna le temps à l’ennemi de recevoir des renforts considérables, et àlord Wellington lui-même d’accourir de son quartier général de Huerta. Le27, au point du jour, le duc de Dalmatie , ne voyant aucune disposition de lapart de l’ennemi pour abandonner sa ligne de bataille, se disposa lui-même àen faire l’attaque. Les Anglo-Portugais occupaient un terrain échelonné enplateaux et offrant les plus grandes difficultés à gravir. La gauche s’appuyaità un torrent qui coule parallèlement à la route de Pampelune ; la droite tou-chait à des mamelons disposés de façon à ne pouvoir être tournés.
L’armée de Wellington avait, comme on l’a dit, reçu, dans la nuit, des ren-forts qu’on ne pouvait élever à moins de 10,000 hommes. Dans la journée, desdétachements considérables des corps qui assiégeaient Pampelune vinrent s’yjoindre en toute hâte. La configuration du terrain occupé par les Français était un obstacle au déploiement de leurs colonnes d’attaque, ce qui les obligeaà n’agir que par divisions successives. Ces escarpements furent gravis au pas decharge, mais les alliés attendirent que les assaillants eussent atteint la crête despositions, et les assaillirent avec un feu de file instantané et bien nourri quiébranla les colonnes et les contraignit à rétrograder. Chaque division fit avecle même sang-froid une tentative pareille et ne fut pas plus heureuse.
L’artillerie, mal placée, ne put rendre que de faibles services; tant d’atta-ques infructueuses rebutèrent le maréchal, et il venait de donner l’ordre d’uneretraite générale, lorsque les têtes de colonne du comte d’Erlon furent aper-çues. Ce général, en quittant sa position du col de Moya, avait marché d’abordjusqu’à une lieue et demie de Pampelune , pensant que l’ennemi, chassé laveille, devait être déjà sous les murs de cette place. Il ne songea à rétrograderque parce qu'il entendit le canon en arrière de sa gauche. Il se porta rapidementvers le théâtre du combat, mais ne put arriver assez à temps pour y prendre