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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

part. Le 28, au point du jour, l’armée se mit en marche; le comte d’Erlon,reprenant la route qu'il venait de parcourir, le général Clausel se dirigeantpar la gauche vers Echolar et Sarré, et le général Reille prenant la directionde Saint-Jean-Pied-de-Port . Le corps des guérillas commandé par le généralMina avait pris les devants pour couper la retraite aux divisions françaises;lord Wellington avait aussi détaché sur leurs traces deux corps de troupes. LesFrançais rencontrèrent Mina, qui ne leur fut pas un obstacle; quelques voi-tures de bagages seulement tombèrent entre les mains de l’audacieux partisan.

Le mouvement des généraux Reille et Clausel fut achevé le 29; tandis qu’ilsdébouchaient sur Saint-Jean-Pied-de-Port et Ascain; le comte d’Erlon repre-nait ses premières positions en avant d’Ainhoa. Cette trop célèbre marche surPampelune se termina en cinq jours; son mauvais succès coûta à l’arméefrançaise une perte considérable de soldats et surtout d’officiers de tous gra-des. Cependant les garnisons de Pampelune et de Saint-Sébastien n’étaient pasrestées dans l'inaction, et les gouverneurs de ces places, profitant de la diver-sion causée par l'affaire de Zubiry, en avaient profité pour faire des sorties. Lagarnison de Pampelune , poussant ses reconnaissances jusqu’à une lieue etdemie, s’empara des moissons qui venaient d’être recueillies, et réapprovi-sionna ses magasins. Toutefois le retour des troupes de siège sous les murs dela place fit bientôt évanouir l’espoir d’une prochaine délivrance, que le bruitdes canons de Zubiry avait d’abord fait concevoir aux assiégés. La tentativedu maréchal Soult pour débloquer Pampelune a été diversement jugée. Legénéral Jomini , appréciant les motifs militaires qui ont décidé le maréchal,s’est constitué son défenseur, et aporlé sur l’ensemble des opérations le juge-ment que voici : « Celte manœuvre était bonne, mais l’aspérité des montagnes,un peu de lenteur dans la marche, et la défense opiniâtre de la droite des An-glais sous le général Picton, donnèrent le temps à Wellington d’accourir avecson corps de bataille. Il se renforça des troupes espagnoles qui assiégeaientPampelune , et contint Soult, en même temps que deux divisions anglaises,sous Hill et Dalousie, débordèrent la droite jusqu’au pied du col d’Arraïsetmenacèrent nos communications par Lanz. Soult appuya à son tour versOstitz pour se railler à Drouet. On lui a bien ridiculement fait un reproche decette manœuvre. Si sa droite eût été forcée et débordée entre Ostitz et Lanz,il aurait eu le sort de Joseph à Vittoria. 11 crut prudent de ne pas risquer unebataille générale dans un pays aussi difficile; et, en effet, il avait tout à perdreet peu à gagner. Les ennemis de la gloire nationale reprochent à Napoléon d’avoir été trop audacieux, et ils font un crime à Soult de l’avoir été moinsque Napoléon .

«Dans le fait, son mouvement, conçu sur d’excellents principes, aurait euplus de succès, si la route de Roncevaux eût été meilleure, et si on eût misplus d’activité, de précision, de vigueur dans les premières marches. Mais, dèsque l’ennemi eut le temps d’amener des forces supérieures, qu’elles eurenttout l’avantage du terrain et la chaussée derrière elles, la chance n’était pluségale. Il faut observer de plus qu’en débordant la droite anglaise , on refoulait