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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉEle général de division Vignolle. Le général Saint-Laurent commandait l’artil-lerie et le colonel Simon Moydier, le génie.

L’armée commença ses mouvements le t5 juillet, et ne s’arrêta que passél’Adige. Nous occupâmes ainsi Vicence, Castel-Franco, Bassano, Feltre, Vérone ,Padoue, Fiume, Trévise. Nous avions une brigade détachée jusqu’à Trieste .

De son côté, l’Autriche s’était empressée de former une armée propre à nousêtre opposée; elle en confia le commandement au général Hiller, qui avait auplus vite mis sur le pied de guerre les régiments de la Croatie autrichienne.Mais le vice-roi ne voulut pas laisser à l’ennemi le temps d’envahir le pays etil se mit en mouvement vers la Croatie . Pourtant les Autrichiens étaient par-venus en Illyrie , et ils mettaient tout en œuvre pour mettre en insurrectiontout le pays jusqu’aux bouches du Cattaro . Les Autrichiens étaient au nombrede 60,000, ce qui ne permettait pas au vice-roi d’entreprendre contre eux uneguerre offensive. Il remonta l’Izonzo et divisa ses forces dans les meilleurespositions qu’il pût opposer à l’invasion. Il y eut ainsi une foule de faits d’armesisolés à la suite desquels nous prîmes la ville de Villach , où le prince Eugèneétablit son quartier général. Mais le vice-roi tenait à mettre obstacle à la mar-che des Autrichiens sur Trieste , et il prit toutes les dispositions les plus pro-pres à obtenir ce résultat. Le général autrichien Nugent s’efforça de déjouertoutes ces mesures, puissamment secondé par les insurrections que fomentaitpartout, contre les nôtres, l’or anglais ...

Au milieu d'une foule de marches, de contre-marches et d’engagementssans importance qui signalèrent cette guerre d’observation, le prince Eugène,ayant appris que le général autrichien avait dégarni son centre, pour renfor-cer considérablement ses ailes, crut nécessaire d’opérer une nouvelle orga-nisation de son armée. Il la divisa en deux corps seulement, prenant le com-mandement du premier, formé de 23,800 hommes avec 70 bouches à feu. Ildonna le second corps, offrant 26,800 hommes, appuyés de SO bouches à feu,au général Grenier. Cette organisation nouvelle permit à Eugène de mieuxdistribuer ses forces en les opposant sur tous les points nécessaires aux Autri-chiens traîtreusement doublés des Anglais . Les combats de Tschernitz et deCzirknitz nous furent fort glorieux, ainsi que l’affaire du pont de Tshernuz où2 bataillons firent plier et battre en retraite un corps de 3,000 Autrichiens quilaissa 400 hommes sur la place. D’un autre côté, le général Piat eut une belleaffaire à San-IIermangor. Mais les progrès des Autrichiens étaient en raison deleur nombre, qui s’augmentait toujours mystérieusement, et par un ensemblede tactique dont, tout récemment, nous avons vu une application nouvelledans la guerre lombarde contre l’infortuné Charles-Albert.

Les négociations entamées entre la Bavière et les confédérés plaçaient notrearmée dans un péril dont Eugène mesurait toute la gravité. Prendre l’offen-sive, c’était très-probablement s’annuler la retraite à tout événement. Pour-tant, espérant gagner en bon ordre les bords de l’Adige avant que le généralen chef autrichien y fût arrivé, le vice-roi ordonna les évolutions nécessaires.Ce mouvement de retraite commença le 27 septembre. Trieste fut évacuée par