ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 371
le général Frésia. Notre corps de droite prit la route de Goritz, tandis que ladivision Palombini, qui gagnait aussi Goritz, poussa quelques alertes versTrieste . Mais nous fûmes serrés de près par les Autrichiens, qui toutefois, nousayant attaqués deux fois, deux fois aussi furent repoussés avec des pertes no-tables. Le 6 octobre, presque toute notre armée put prendre position sur larive droite de l’Izonzo, et le vice-roi plaça son quartier général à Gradisca.
La division du général Grenier rejoignait, lorsque le général en chef autri-chien, ayant connaissance de son mouvement, résolut d'essayer de jeter ledésordre dans sa retraite, et, à cet effet, il détacha différents corps dans di-verses directions. Cette tentative coûta cher aux Autrichiens; le général Grenierles battit si complètement, qu’ils laissèrent sur le champ de bataille plus de600 morts et blessés, et perdirent une centaine de prisonniers. Toutes ces ren-contres ne nous coûtèrent pas 120 hommes.
Diverses autres escarmouches ou engagements d’une portée secondaire sedénouèrent tous à la gloire de nos armes.
Eugène sentait le besoin de recompléter son armée. Il venait de prescrireune levée de i5,000 conscrits et de concentrer une division sur Vérone . 11 pritaussi d’importantes mesures financières. La défection de la Bavière n’était plusdésormais à mettre en doute, et les débouchés du Tyrol allaient être confiés àla seule défense de l’armée franco-italienne. Les garnisons de Venise et dePalmanova furent aussi renforcées. Le contre-amiral Duperré eut la défensemaritime de la cité lagunéenne.
Les diverses opérations de son corps de réserve, qu’il importait de soutenir,et surtout l’invasion du pays de Cadore par l’ennemi, engagèrent le vice-roi àétendre son armée en échelons, en se rapprochant de l’Adige . Le désir duprince Eugène était d’obliger le général Hiller à faire rétrograder ses postesavancés en les rapprochant de son corps principal, ce qui dégageait entière-ment la gauche de l’armée franco-italienne, mieux maîtresse de son mouve-ment de concentration sur Vérone . Ces opérations réussirent. Le 30 octobre,toute l’armée était en position sur la Piave. Le vice-roi avait son quartier gé-néral à Spreziano. Quant à l’armée autrichienne, elle suivit aussi en entier sonmouvement, ne laissant à Trieste que le général Nugent, qui assiégeait la ci-tadelle à l’aide de l’artillerie de l’escadre anglaise.
Les trois combats de Volano, de San-Marco et de Bassano furent très-préju-diciables aux Autrichiens, et les opérations qui en furent la conséquence per-mirent au vice-roi de porter son quartier général à Vérone . A peu de jours delà, le général en chef autrichien prenait le sien à Vicence , c’est-à-dire à unedouzaine de lieues plus à Test.
La garnison de Trieste avait résisté avec vaillance au siège vigoureux quelui faisait le général Nugent, aidé des Anglais , toujours prêts à s’allier à nosennemis. Mais le jour même où nous battions ses Autrichiens à Bassano, laville de Trieste , réduite à la dernière extrémité, et les fortifications en ruine,fut contrainte de capituler. La garnison de Venise avait été renforcée enhommes et en munitions. Un ample système de bateaux plats, portant 336 bou-