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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉE

clics à feu de tout calibre défendait la lagune du côté de l'Adriatique ; dansVenise proprement dite, on comptait 6,000 hommes de troupes parfaitementvalides. C’était un ensemble qui permettait de fonder quelque espoir sur larésistance.

Notre armée, affaiblie par les nombreux renforts jetés dans les places laisséesàdécouvert, par un certain nombre de désertionsd’Italiens, et enfin par nos pertesdans les différents combats, eût éprouvé le besoin d’être recomplétée. Le vice-roi dut se contenter de modifier sa réorganisation, en supprimant la divisionGratien, la plus affaiblie, et en en renforçant les autres. Le 6 novembre,31,000 hommes et 30 bouches à feu constituaient tout cet effectif, étendu surl’Adige . Cette petite armée était divisée en deux corps, commandés par les gé-néraux Grenier et Verdier; notre quartier général était à Vérone .

Diverses affaires sans importance par leurs résultatssignalèrent celte nouvellerépartition de nos forces; le général Palombini contraignit les Autrichiens àse retirer de Bellune, tandis qu’ils étaient battus à Ossenigo par le généralDarnaud. Une division, forte de 12,000 hommes, qui avait pris position sur leshauteurs de Colgrola, espérait de là forcer le passage de l’Adige et se portersur Vérone . Nos brigades Jeannin etDeconchy gravirent les hauteurs presqueinexpugnables où s’était retranché l’ennemi, l’en chassèrent, le culbutèrentdans la plaine et lui firent 900 prisonniers. Le régiment Jellachicli, qui se battitadmirablement, perdit à lui seul 700 hommes; plus du double fut tué ou blessé.Nous étions 11,000 attaquants contre 18,000 très-avantageusement protégés parle terrain. Les pertes de l’armée vice-royale ne s’élevèrent qu’à 300 hommes.Le 17, enfin, les généraux Marcognet et Jeannin repoussèrent brillamment, àla tête de 4,000 hommes seulement, et en leur faisant éprouver une notableperte, 23,000 Autrichiens à San-Martino.

Le 16 novembre, Nugent débarqua avec 3,000 hommes à peu de distancede l’embouchure du Pô, et, trouvant Ferrare gardée seulement par quelqueshommes du dépôt, il s’en empara. Le vice-roi accourut pour sauver d’une oc-cupation plus développée ces départements qui commandaient Venise , et re-prit, de sa personne, Ferrare au général Nugent. Le même jour, une balle luitraversa la cuisse. Mais les Tenforts autrichiens s’accumulant sans cesse, Nu-gent put gagner Ravenne et y rester.

Les Napolitains devaient, par leur conduite, jeter de nouvelles entraves dansles affaires déjà si difficiles, et, malgré tout, si glorieusement conduites dunoble et valeureux Eugène. Dans les derniers jours du mois, le général Miollis,qui commandait à Rome , avisa le vice-roi de la prochaine arrivée d’un renfortnapolitain. La marche de ces troupes dura tout le mois de décembre. Ni l’Em-pereur ni le vice-roi n’avaient eu lieu jusque-là de suspecter la loyauté dumonarque napolitain.La lumièrene se fit sur cet illustre ingrat que lorsqu'onvit son armée, suivant le littoral adriatique, tout faire pour rejoindre l’arméeautrichienne qui s’avançait sur Ancône , ville que le général napolitain essayamême de se faire remettre, ce à quoi se refusa énergiquement le général Bar-bon, qui, par bonheur avait pressenti la perfidie de ces prétendus alliés.