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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
Les Napolitains et les Autrichiens se rejoignirent à Bologne . Dans le mêmetemps, les Anglais opéraient plusieurs débarquements sur la Toscane .
En résumé, l’ennemi se renforçait littéralement de jour en jour : il avait lesAnglais derrière lui, dont le canon maritime l’aidait partout où il pouvait; l’ar-mée de Naples était passée de nos rangs dans les siens, tandis que ces pertesnous affaiblissaient sans cesse. Eugène demanda de sérieux renforts à l’Empe-reur, qui lui dirigea, dans les derniers jours de décembre, divers détache-ments de toute arme, provenant des armées d’Espagne et d’Allemagne . A la finde 1813, l’armée, de nouveau réorganisée par l’infatigable Eugène, se retrouvaforte de 43,000 hommes, dont 3,200 cavaliers, plus 80 bouches à feu. Cet en-semble formait six divisions, partagées en deux corps toujours commandés parles généraux Grenier et Verdier. Le premier corps avait son quartier généralà Isola-Porcarizza; le second était centralisé au grand quartier général duvice-roi, à Vérone .
Cependant l’Empereur, que nous avons laissé, après le funèbre passage dela Bérésina, se dirigeant en toute hâte sur Paris pour essayer de porter re-mède à tant de maux et à des trahisons flétrissantes, y avait en quelques se-maines opéré des prodiges. Il faut dire aussi, à l’éternelle gloire de notre na-tion, que les désastres de la campagne de Russie , loin d’abattre l’esprit national,ne firent que le retremper. Il semblait que chacun comprît qu’il ne s’agissait plusde fournir son sang aux combinaisons souvent obscures de la politique, maisbien cette fois (comme en 93, qui a des pages si sublimes, avec parfois des re-vers si horribles), mais bien cette fois, disons-nous, de repousser tous ces bar-bares et ces traîtres qui, enorgueillis du triomphe de leurs implacables élémentssur nos soldats, la veille vainqueurs du monde, se promettaient d’apporterchez nous l’invasion, dont la seule pensée eût naguère semblé un songe in-sensé à leur délire. Partout donc Napoléon trouva accord et zèle dans lesmoyens multiples qu’il dut mettre en pratique pour précipiter les moyens dedéfense indispensables à l’honneur et à la sûreté du pays. Un de ses premierssoins fut de renforcer notre brave armée du Niémen, de l’Oder et de la Vistule ,seule barrière opposée aux masses russes prêtes à fondre sur no'us. 600 piècesde canon et 2,000 caissons attelés furent ainsi expédiés en Allemagne . Le mo-ment était venu d’utiliser ces cohortes du premier ban, formées pour la dé-fense des places fortes et du littoral au moment du grand départ pour la Russie .Instruits et disciplinés, ces hommes formèrent 150 régiments. Les plus vieillestroupes d’Espagne fournirent aussi 150 bataillons aguerris, et furent rempla-cées par les conscrits. L’Empereur rappela aussi tout ce que la Péninsule of-frait de Polonais, dont la place naturelle était forcément celle où on avait leRusse à combattre.
Mais les fatales neiges de la Russie nous avaient englouti nos plus vieux sol-dats, et l’Empereur ne pouvait créer que des conscrits. Il pensa développer eneux une utile émulation en portant à 16 le nombre des régiments de la jeunegarde. Il sut puiser dans la marine une armée entière de vétérans artilleurs;40,000 vieux canonniers entrèrent dans l’infanterie, fière de les recevoir dans