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Tome troisième.
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374 HISTOIRE DE L’ARMÉE

son sein. Le Hanovre eut à monter une cavalerie. Les hommes arrivaient àpied dans les dépôts établis sur les rives de l’Elbe , et là, d’habiles officiers leséquipaient, les montaient, les instruisaient rapidement. Chaque ville de France participa, par une offrande particulière, aux nécessités de cette crise solen-nelle. Ainsi, Paris offrit 500 hommes habillés et armés; Lyon 159 cavaliersparfaitement équipés. Toutes les professions équestres, postillons, gardes fo-restiers, écuyers, accoururent prendre rang dans nos escadrons. La gendar-merie fournit 3,000 officiers et sous-officiers pour dresser et commander cettejeune cavalerie, et, enfin, un superbe corps de 10,000 gardes d’honneur semonta et s’équipa à ses frais.

L’empire français offrait alors un développement gigantesque. Du Danemark à Rome , de la côte océanique aux plages illvriennes, l’élan fut égal pour coo-pérer au grand œuvre qui devait réarmer la France . L’Empereur put bientôtsignaler à l’Europe combien la mauvaise fortune lui avait encore laissé depuissance et de ressources. «Laguerre d’Espagne et la guerre du Nord, dit-il,seront menées de front : dans le courant de février, une armée de 300,000hommes, formée sur l’Oder, sur l’Elbe, sur le Rhin et sur le Mein, viendrase réunir à la grande armée, et la campagne prochaine s’ouvrira avec desforces doubles de celles qui ont combattu la campagne dernière. En mêmetemps l’armée d’Espagne sera maintenue à 300,000 hommes; 30,000 conscritssont eu marche pour la compléter. Le maréchal Soult retournera en Anda-lousie, et si l’armée anglaise s’affaiblit, le Portugal sera occupé. »

Certes, un pareil exposé de ressources et d’intentions était de nature à don-ner encore à réfléchir à l’Europe, qui savait ce que pouvaient la France etl’Empereur, et qui devait reconnaître que nous étions décidés à faire ou acceptertoutes les guerres, pour pouvoir ensuite imposer la paix, la seule conquête quepoursuivît intimement celui auquel on a tant à tort reproché de nourrir le rêveinsensé de Charlemagne. « Je désire la paix, dit Napoléon à l’ouverture ducorps législatif; elle est nécessaire au monde; mais je ne ferai jamais qu’unepaix honorable et conforme aux intérêts de mon empire. Une mauvaise paixnous ferait tout perdre, jusqu’à l’espérance. »

Nous avons vu la Prusse s’alliant à la Russie lors de nos désastres de la Bé-résina, Murat abandonner nos armes en Italie et envoyer à l’Autriche les ren-forts qui nous étaient destinés. Dans le même temps, une autre défection indi-gnait encore la France : soudoyé par les guinées anglaises, le prince royal deSuède, Bernadotte, pactisant avec le ministère anglais , s’apprêtait à venir tirerl’épée contre ses anciens compagnons d’armes. A la vue du gigantesque etnoble effort par lequel la France reprenait son autorité militaire, l’Angleterre,qui un moment avait espéré nous voir réduits à l’impuissance, remit en jeu,plus activement que jamais, les ressorts les plus actifs et les plus dangereuxde son machiavélisme politique. S’unissant aux associations du Tugend-Bund et à toutes les sociétés secrètes de l’illuminisme allemand , elle s’efforça d’or-ganiser partout la haine de la France et de son illustre chef. Ses efforts se di-rigèrent particulièrement sur nos derniers alliés, l’Autriche et la Saxe , rete-