ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 379
sagesse, l’esprit d’ordre et le bon sens des Allemands . Ils connaissent peu lapuissance et la bravoure des Françaisl
« Dans une seule journée vous avez déjoué tous ces complots parricides.
Nous rejetterons ces Tartares dans leurs affreux climats, qu’ils ne doivent pasfranchir. Qu’ils restent dans leurs déserts glacés, séjour de l’esclavage, de labarbarie, de la corruption, où l’homme est ravalé à l’égal de la brute. Vousavez bien mérité de l’Europe civilisée. Soldats! l’Italie, la France, l’Allemagne ,vous rendent des actions de grâces ! »
Le lendemain de la bataille de Lutzen, l’armée française franchit l’Elster.Pendant trois jours le vice-roi battit l’arrière-garde ennemie. Nous arrivâmesdevantDresde le 8. A notre approche, les deux souverains alliés quittèrent pré-cipitamment cette antique capitale de la Saxe , où nous entrâmes sans tirer uncoup de fusil. Peu de jours après, le vieux roi, qui s’était retiré à Prague , vintrecevoir chez lui l’hospitalité que lui faisait l’empereur Napoléon.
Les alliés, qui craignaient l’interposition de l’armée française entre eux etles Autrichiens, sur l’adhésion desquels ils savaient pouvoir compter, s’étaientdirigés sur Bautzen dans un camp retranché. Leurs rangs s’augmentaientchaque jour. 4,000 hommes de troupes fraîches leur étaient arrivés de Silésie;les Russes attendaient le corps de Barclay de Tolly et celui de Sacken. Le gé-néral Labanoff, enfin, arrivait avec une forte réserve.
Une nouvelle bataille était imminente. L’Empereur se sépara à regret duvice-roi, dont la présence était indispensable à cette armée d’Italie où nous l’a-vons vu agir. Les alliés comptaient alors environ 160,000 hommes, bien postésdans un camp fortifié sur tout son front. La ville de Bautzen , mise en bon étatde défense, formait un des points d’appui les plus avantageux de l’ennemi,dont la droite s’étendait sur les hauteurs de Krekwitz, hauteurs toutes recou-vertes de retranchements et de redoutes. Le roi de Prusse avait son quartiergénéral à Kamschütz, et l’empereur Alexandre, qui venait de prendre le com-mandement de l’armée alliée, était à Wurtchen.
Nos forces s’élevaient à environ 150,000 combattants ainsi composés : les 5*et 12 e corps, les 2 divisions du 4 e , qui n’avaient pas donné à Lutzen ; 73,000hommes, vainqueurs à cette bataille, plus le 7 e corps, fort de 12,000 hommes,10,000 de cavalerie et 6,000 de la garde.
L’Empereur fit ses dispositions d’attaque le 20 mai au point du jour. Le ma-réchal Oudinot (du 12 e corps) passa la Sprée pour attaquer sur les hauteurs lagauche de l’ennemi. Le duc de Tarente eut ordre de jeter un pont de chevaletssur la Sprée près de Baut, et d’attaquer cette ville. Le maréchal Marmont(6 e corps) dut jeter un autre pont à une demi-lieue sous Bautzen . Le 4”, quel’Empereur avait confié au maréchal Soult, resta à la gauche du centre pouragir sur l’ennemi; les réserves de la garde prirent position en arrière du11' corps, à cheval sur la route de Bischoffwerda.
Le feu commença à midi, sans être un moment interrompu, jusqu’à cinqheures du soir. Nos 6 e et 12' occupèrent les hauteurs où s’était fortifié l’en-