388 HISTOIRE DE L’ARMÉE
se porte sur Gieshubel, qu’il gagne les hauteurs de Peterwalde, et qu’il s’ytienne;... qu’il en occupe tous les défilés, et que, de ce poste inexpugnable, ilattende l’issue des événements qui vont avoir lieu sous les murs de Dresde .C’est à lui qu’est réservé le soin de ramasser l’épée des vaincus. Mais il fautdu sang-froid; il faut surtout ne pas se laisser imposer par la cohue des fuyards.Expliquez bien mes intentions à Vandamme, et dites-lui tout ce que j’attendsde lui. Jamais il n’aura eu une plus belle occasion de gagner le bâton de ma-réchal! »
Le général Haxo ayant tout compris, descendit aussitôt des hauteurs deStolpen dans les gorges de Lilienstein , rejoignit le général Vandamme, et nequitta plus ses pas.
A peine le général Haxo était-il parti, que l’Empereur fit rentrer Gourgaud :
« Prenez un cheval frais, lui dit-il, retournez sur-le-champ à Dresde , ditesqu’il faut tenir... que j’arrive. Vous trouverez en chemin la division Teste;faites-la revenir sur Dresde . Vous trouverez aussi Lefèvre-Desnouettes; dites-lui de tenir ses escadrons prêts sur mon passage. La vieille garde partira d’icià la petite pointe du jour, je serai moi-même de bonne heure à Dresde . Faitesen sorte que je vous trouve à mon entrée dans Neustadt... Partez. » Et Gour-gaud reprit aussitôt au galop le chemin de Dresde .
Le 26, à la pointe du jour, un changement de direction s’opéra. L’Empereurétait à cheval, et ses troupes avaient déjà pris la route qui ramène de Stolpen sur Dresde (1).
L’Empereur arriva à Dresde le 26 au matin, accompagné de la garde et du1 er corps de cavalerie. Le même jour, à quatre heures après midi, les coalisés,qui ignoraient le retour de Napoléon , commencèrent résolûment l’attaque,persuadés d’avoir affaire âun très-faible ennemi. Nous subîmes encore là unedéfection. Deux régiments de hussards westphaliens, dont la confiance étaitébranlée, passèrent à l’ennemi. Chaque colonne des coalisés marchait pré-cédée de cinquante pièces de canon, qui ouvrirent un feu nourri sur la ville.Le combat débuta d’une façon fougueuse et acharnée. Nos batteries de re-doutes avancées eurent peine à ralentir la marche des colonnes ennemies qui,pleines d’ardeur, arrivèrent jusqu’aux palissades. Nos affaires allaient mal. Aucentre, les Hongrois de Colloredo avaient déjà enlevé la redoute de la barrièrede Dippodiswalde; sur la droite, à la porte de Freyberg, nos batteries étaientéteintes par le feu supérieur de l’artillerie autrichienne, et, sur la gaucheenfin, Russes et Prussiens pénétraient dans le faubourg de Pyrna... les habi-tants fuyaient.l’ennemi pouvait se croire sûr de la victoire; partout, dans
son délire, il criait : A Paris! à Paris ! Une porte restait à forcer, celle de Pla-nen; l’ennemi s’y précipite.Mais tout à coup cette porte s’ouvre, et les as-
saillants s’arrêtent pour ainsi dire médusés. Ce fut comme l’irruption d’unvolcan! Qu’on s’imagine les bataillons de la vieille garde commandés par Cam-bronne, Tyndall et Dumoustier, qui s’élancent, couverts par le feu foudroyant
(1) Fais.—Jomim.