ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 391
sans faire usage de leurs armes. Les régiments de Lusignan et Reynier selivrèrent ainsi; ceux de Beaulieu, Nugent et Colloredo furent, pour ainsidire, détruits, tant les morts, les blessés et les prisonniers les réduisirent. Amidi, les généraux autrichiens Andrassy et Milesino étaient tués, les générauxMariassy, Giulay et Fieremberger étaient blessés, et parmi les prisonniers onnotait le feld-maréchal-lieutenant Metzko ainsi que le général-major Seckensky.Une heure plus tard, tout un corps de 15,000 hommes mettait bas les armes.A trois heures, la victoire était décidée et l’ennemi battait en retraite de toutesparts.
Le prince de Schwartzemberg fut obligé de se réfugier, à travers des che-mins impraticables, en Bohême. Les pertes ennemies, pour cette secondejournée, atteignirent le chiffre peu commun de 40,000 hommes, dont 18,000prisonniers, la majeure partie Autrichiens. 130 pièces de canon, 130 caissonset 18 drapeaux formèrent notre butin.
Plein d’espoir de développer encore sa victoire, l’Empereur s’élança à lapoursuite des ennemis, pensant les cerner entre lui et Vandamme, qu’il sup-posait formidablement placé, par ses ordres, sur les hauteurs de Pyrna. Laruine des coalisés pouvait être consommée... mais l’instant semblait venu oùles fautes de ses lieutenants devaient compromettre tous les succès que lui-même remportait avec tant de génie et d’éclat. Vandamme, au moment oùl’Empereur triomphait si glorieusement de la coalition des empereurs etdes rois, Vandamme, disons-nous, aventuré dans la vallée de Tœplitz, s’y fai-sait battre, tandis que Macdonald, en Silésie, éprouvait un échec sur la Katz-bacb, et que le maréchal Oudinot, ayant rencontré Bernadotte et Bulow dansla plaine de Gross-Beeren , était forcé de plier sous le nombre et se retirait surWittemberg, alors que Napoléon le croyait entré à Berlin ... Ainsi s’annulait,sur divers points, la victoire de l’Empereur dans la plaine ensanglantée deDresde !
Tœplitz était le point de réunion indiqué par le prince de Schwartzembergaux débris de son armée. Les généraux Chasteler, Radetzky, de Colloredo etBarclay de Tolly se retirèrent par des routes diverses, sans pouvoir trop choi-sir. L’Empereur accompagna j usqu’à Pyrna nos colonnes en chasse des vaincus.Mais à Pyrna, Vandamme manqua. La suite à donner à la victoire du champde bataille était donc désormais impossible. Harassé par les fatigues de cescinq journées dévorantes, toujours à cheval, transpercé jusqu’aux os, Napo-léon fut pris d’une indisposition que des vomissements répétés tournaient ausérieux. Son entourage le supplia de revenir à Dresde ; il céda, et quelques joursde repos le rétablirent.
Il nous reste à indiquer rapidement les différentes opérations, toutes néfastespar leurs résultats, qui furent l’œuvre des lieutenants de l’empereur Napoléon ,et qui atténuèrent par leur réunion le puissant effet qu’eût dû opérer, dansnos affaires militaires, le grand succès des deux journées de Dresde . Nousfinirons par un examen de la situation.
Trois désastres presque simultanés nous frappaient donc au moment même