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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

lités, des défiances à égalité de talent} ils n’eussent pu m’égaler dans leursopérations, à plus forte raison lorsqu’il n’y avait pas plus de similitude de ca-ractère et de génie que de moyens d’action. »

Tant de combats s’étaient accomplis durant le mois d’août, que les arméesdes coalisés, épuisées de fatigue, passèrent tout le mois de septembre autourde Dresde , sans autre événement que quelques engagements sans portée.Sclnvartzemberg désirait rentrer en Saxe et agissait en conséquence. L’empe-reur Napoléon ne quittait guère Dresde , s’y ingéniant à frapper quelque grandcoup; l’armée était campée aux alentours. Mais le signal de la reprise desgrandes opérations ne tarda pas à être en quelque sorte donné par l’arrivéede l’armée de Pologne, forte de 60,000 hommes, et arrivant de par-delà Mos-cou . Ces soldats portaient une sorte de casque carré, surmonté de la croixgrecque et du chiffre impérial. Dans la cavalerie, on voyait avec étonnementdes hommes armés d’arcs- et de flèches : c’étaient des Tartares et des Baskirs.Cette armée était commandée par le général Benningsen.

L’Empereur tenait à retenir sur l’Elbe les armées alliées, et, pour y réussir,il songea de leur faire naître des craintes sur Berlin . Dans les divers mouve-ments qu’effectuèrent nos troupes, les communications de Blücher et de Ber-nadotte se trouvèrent interceptées. Mais un contre-temps nouveau était ré-servé à nos armes : Napoléon apprit que le roi de Bavière lui faisait à son tourdéfection. A cette nouvelle inattendue, lit-on dans les Mémoires de Napoléon,l’Empereur crut devoir changer le plan de campagne qu’il avait médité de-puis deux mois, et pour lequel on avait disposé les forteresses et les magasins.Ce plan consistait à jeter les alliés entre l’Elbe et la Saale , et, manœuvrant sousla protection des places et des magasins de Torgau, Wittemberg, Magdebourg et Hambourg, d’établir la guerre entre l’Elbe et l’Oder (l’armée française pos-sédait sur l’Oder les places de Glogau, Custrin et Stettin ), puis, selon les circon-stances, de débloquer les places de la Yistule, Dantzick , Thorn et Modlin. Il yavait à espérer un tel succès de ce vaste plan, que la coalition en eût étédésorganisée, et tous les princes de l’Allemagne confirmés dans leur fidélitéet dans l’alliance de la France. Si, comme on avait dû le penser, là Bavière eût tardé quinze jours à changer de parti, on eût été assuré qu’elle n’en eûtplus changé.

Notre armée continuait à se concentrer autour de Leipsick, sur laquelle leprince Schwartzemberg se dirigeait aussi. L’Empereur y arriva le 15 au matin;il y trouva Marmont et Augereau. L’ancienne Leipsick est renfermée dans uneenceinte étroite, irrégulière, et qui, dans son ensemble, se rapproche du carré.Une vieille chemise de maçonnerie, garnie d’un fossé sans contrescarpe etplantée d’arbres, forme cette enceinte. La ville communique avec ses faubourgspar quatre portes; voici leur désignation : au nord, les portes de Halle et deRandstadt, qui conduisent à l’Elster; à l’est, la porte Grimma ; au sud, la portede Saint-Pierre. Les faubourgs sont neufs et vastes. Ceux du midi et de l’estsont ceints de murs; ceux du nord sont protégés par la Partha. Enfin, le fau-