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Tome troisième.
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HISTOIRE DE L’ARMÉEbourg de Randstadt, qui est dans la direction de Lutzen , conduit à un long dé-filé resserré entre les marais de l’Elster.

L’empereur Napoléon passa la journée du 15 à reconnaître les positions del’armée ennemie; les vedettes des deux armées n’étaient qu’à quelques portéesde fusil de distance. Dans sa tournée, il rencontra le corps du duc de Casti-glione, qui arrivait de France et qu’il voyait pour la première fois. Trois régi-ments de ce corps, récemment organisés à Wurtbourg, n’avaient pu encoreinaugurer leurs aigles. L’Empereur, qui ne laissait jamais échapper une oc-casion d’agir sur le moral de ses troupes, voulut procéder sur-le-champ à cettecérémonie; le prince de Neufchâtel, en qualité de vice-connétable, l’organisarapidement. Les bannières qui se développaient sous les aigles encore enve-loppées furent déployées, et l’Empereur, après un chaleureux exorde de cir-constance, fit faire le serinent de fidélité. Toute cette cérémonie s’accomplitavec un grand enthousiasme.

Voici quel était l’état des forces des deux armées :

Nous avions dû laisser Gouvion Saint-Cyr avec 25,000 hommes à Dresde , cequi réduisait à 156,000 notre effectif, dont suit la division : — Aile droite,27,000 hommes, commandés par le roi de Naples; — aile gauche, 44,000hommes, commandés par le prince de la Moskowa; — le centre, 46,000 hom-mes : l’Empereur s’y tenait;—corps détaché derrière Leipsick, 15,000 hommes,commandés par le général Bertrand; — réserve, vieille et jeune garde, com-mandée par le général Nansouty, 24,000 hommes. La cavalerie ne figuraitque pour 22,000 hommes dans cet ensemble. Outre les chefs de chaque grandedivision de l’armée qui viennent d’être désignés, cette armée était commandéepar les maréchaux Victor, Oudinot, Augereau, Macdonald, Marmont, et parles généraux Lauriston, Poniatovsky, Micliaud, Latour-Maubourg, Drouot,Maison, Sébastiani, Souham , Arrighi, Regnier, Bertrand, etc.

Les forces des alliés étaient plus que doubles des nôtres, puisqu’elles semontaient à 350,000 hommes, dont 54,000 de cavalerie, divisés ainsi : — l’ar-mée dite de Bohême, 145,500 Russes, Autrichiens et Prussiens , commandés parle princé de Schwartzemberg; — l’armée du Nord, 82,500 Suédois, Russes etPrussiens, commandés par le prince royal de Suède, Bernadotte ; — l'armée dePologne , 35,000 Russes et Autrichiens, commandés par le général Benningsen;— l’armée de Silésie, 94,000 Russes et Prussiens, sous les ordres du généralBlücher .

Le 16 octobre, au point du jour, l’Empereur étudiait les premiers mouve-ments des colonnes ennemies, lorsque les batteries prussiennes donnèrent lesignal de l’attaque. Presque au même moment l’armée s’ébranla sur tous lespoints, et le feu s’engagea ardemment de part et d’autre. Notre droite fut en-treprise par le général Kleist et rencontra les Polonais. Les villages que nousoccupions furent simultanément attaqués sans succès. Le duc de Tarente priten flanc le général Klenau, et nous obtînmes dès le début divers succès par-tiels. Napoléon , jugeant le moment arrivé de tenter quelque manœuvre propre