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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
à dessiner nettement les chances de la journée, résolut d’occuper vers ses extré-mités un ennemi que sa force numérique l’empêchait d’entreprendre par soncentre sans quelque ruse propre à y faire diversion. Le duc de Reggio partitavec deux divisions de la jeune garde, en même temps que le duc de Trévise volait à l’exécution des ordres reçus. Le corps du prince de Wurtemberg netarda pas à être mis dans la plus complète déroute. Sur d’autres points, à Lie-bertwolkowith particulièrement, le maréchal Macdonald culbuta l’ennemi ets’empara du bois de Gross-Possna. Le général Maison y fut blessé. Sébastianifît aussi un grand ravage dans la cavalerie du général Klenau. Schwartzem-berg jugea qu’il était grand temps d’appeler ses réserves pour refaire sa lignerompue. Du reste, il faut dire que, malgré nos divers succès partiels, à troisheures de l’après-midi nous n’étions point encore dans une de ces situationsdécidées qui présagent une victoire. Une charge de cavalerie que nous tentâmessur Wachau ne nous fut point favorable dans l’issue, malgré l’élan qu’y mi-rent Kellermann et Latour-Maubourg. Cependant Murat battait le prince deWurtemberg, lui enlevant 26 canons, et le centre de l’armée ennemie finissaitpar plier, lorsque l’empereur de Russie jugea que le moment était venu defaire donner la cavalerie de sa garde. Dans le désordre qui suit toujours unecharge à fond, Latour-Maubourg ne put conserver, devant ces troupes fraî-ches, la totalité des canons qu’il venait de prendre, et ce brave général eut lacuisse emportée. Toutes les réserves de l’ennemi, en prenant part à l’action,n’avaient guère fait que la rendre plus indécise.
Sur l’extrême droite, le corps autrichien du général Merfeldt (qui plus tardfut fait prisonnier) avait vainement lutté contre Poniatowsky. Ce général s’é-tait, durant ce jour, couvert de gloire, et l’Empereur le créa le soir maréchalde France, ne prévoyant point combien peu de temps le prince jouirait de cetteglorieuse dignité. Bertrand avait été assez heureux, de son côté, pour con-server contre les vives attaques du général Giulay le village de Lindenau ,poste dont la conservation, vu sa position sur l’Elster, pouvait devenir le salutde l’armée. Ney s’était, vers le soir, replié sous Leipsick, se bornant à dé-fendre le faubourg de Halle contre Blücher. Raguse et les généraux Companset Friederich furent blessés dans leurs luttes, balancées d’avantages, avecl’armée de Silésie. En résumé, celte première journée laissa la victoire indé-terminée.
Le lendemain, il y eut comme une sorte de trêve. Les coalisés espéraientvoir arriver l’armée de Pologne pour les renforcer; Napoléon , qui savait cela,essaya de négocier.
Ce fut le général Merfeldt, que l’empereur connaissait comme ancien négo-ciateur de Campo-Formio et comme porteur de la tentative d’armistice à lafameuse journée d’Austerlitz, qu’il voulut charger de présentera l’empereurd’Autriche des offres de conciliation. On rend au général son épée, et il va êtrerenvoyé sur parole. Le moment est grave, — dit Napoléon au général autri-chien,— et la journée de demain peut rendre irrévocable un avenir encore in-connu, peut-être terrible. L’Empereur aime à se souvenir qu’il y a entre Tempe-