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Tome troisième.
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398 HISTOIRE DE L’ARMÉE

reur François et lui une autre alliance, qui n’est pas rompue comme l’alliancepolitique. C’est sur celle-là qu’il s’appuie pour tenter de tout concilier encore. Ila toujours désiré la paix, et, en ce moment, il le prouve encore. Ici comme àPrague, il renonce à la Pologne, à l’Illyrie , à la confédération du Rhin. Ilconsent à rendre l’indépendance à la Hollande, aux villes Ànséatiques, à l’Es-pagne . Il ne mettra quelque retard à ces dernières concessions qu’à cause descompensations coloniales à obtenir de l’Angleterre. Il demande l’indépendanceet l’intégrité de cette Italie , dont il sortira. Enfin, en échange d’un armistice àsigner dans les vingt-quatre heures, il consent à retirer son armée derrière leRhin ....

Les alliés répondirent à l’Empereur en reprenant l’attaque, le 18, dès lapointe du jour.

Bientôt l’artillerie commença à tonner sur la Pleisse . Notre cavalerie, quiétait fort incommodée des boulets, se retrancha derrière les divisions du ducde Bellune, tandis que les 2* et 5° corps opéraient leur mouvement sur lagauche de Statteritz. L’Empereur fit former la vieille garde en quatre fortesmasses destinées à faire tête aux points les plus vigoureusement attaqués. Leduc de Reggio reçut ordre d’aller porter aide au prince Poniatowsky, qui dé-fendait le bois de Lossings qu’attaquait, avec des forces nombreuses, le généralColloredo. Au centre, le général Drouot luttait contre Barclay de Tolly et leprince Auguste de Prusse . Macdonald avait pour adversaire Benningsen. Der-rière Leipsick, enfin, le général Bertrand attaquait Lichtenstein à Klein-Zscho-cher; il résultait de l’ensemble de ces engagements que notre armée étaitavantageusement échelonnée.

Mais le point où la bataille grondait avec le plus de fureur, c’était le plateaude Leipsick; là l’explosion des détonations était littéralement sans intervalle.Notre avantage se dessinait déjà sur plus d’un point où combattaient les géné-raux Bourdesoulle, Decouz, Poniatowsky et le maréchal Oudinot. Les cuiras-siers russes culbutés virent les cavaleries russe et prussienne, accourues à leursecours, partager leur sort. Nos cavaliers poursuivaient leurs adversaires jus-qu’à la bouche de l’artillerie tonnante. Schwartzemberg, voyant le danger,appela ses réserves et les corps disséminés. A l’arrivée de ces nouvelles troupes,ajoutant leur nombre à un nombre déjà si supérieur, la physionomie de labataille se modifia. Par ailleurs, le prince Constantin accourut et parcourutles rangs accessibles, en excitant l’ardeur des soldats, tandis que les souverainsalliés, gravissant les hauteurs, cherchaient, par leur présence, à enflammercette ardeur... et pourtant l’avantage continua à se déterminer pourlesFran-çais! Partout l’ennemi dut reculer devant l’impétuosité de nos armes, et céderà la rare supériorité de nos mouvements.

Les alliés inquiets résolurent une attaque générale sur un de nos points ducentre, Probstheyda, pivot de nos opérations. Les généraux Wimpfen, Klenau,Kleist et Wittgenslein, accoururent à la tête de leurs divisions pour prendrepart à cette attaque. Les réserves russes et prussiennes et des escadrons com-pactes de cavalerie formaient la seconde ligne de combat. Ces masses énormes