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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

s’écroulèrent, pour ainsi dire, sur les Français , qui les reçurent à la baïonnette,et les contraignirent à reculer. Deux fois l’ennemi fit un effort stérile, et,reconnaissant l’impuissance de sa rage, il se retira, laissant tout le circuit deProbstbcyda couvert de ses morts. Cette glorieuse résistance nous coûta deuxgénéraux, Vial et Rochambeau. Le général Belliard eut le bras cassé par uneballe.

Sacken échouait à la même heure dans une attaque contre Pfaffeadorf et lefaubourg de Halle, que défendait héroïquement le général Dombrowsky à latète de ses Polonais, bientôt renforcés de ladivision Pacthod de la jeune garde.

Enfin, vers une heure, on vit apparaître l’avant-garde du prince royal deSuède , et Ney s’avança à sa rencontre. Mais là une odieuse défection allait com-promettre le sort de nos armes déjà victorieuses. Les Saxons, apercevant dansla plaine de Paunsdorf les drapeaux de Bulow, y coururent au pas de course.Un moment le général Regnier crut que cette division s’élancait ainsi ardem-ment à l’attaque; mais le volte-face de ces traîtres et le feu immédiat de touteleur artillerie démontrèrent bientôt toute leur infamie. Cette odieuse défec-tion causa un vide funeste entre notre 6° et notre \ I e corps, et, le pire peut-être,elle fut d’un grand effet moral sur les alliés. A ce premier mal heur ne tarda pas àen succéder un second : la cavalerie wurtembergeoise céda à l’exemple de lacavalerie saxonne. Bernadotte accueillit avec empressement dans ses rangs lestraîtres qui, comme lui, se tournaient contre la France (1). Le prince de Suède avait auprès de lui l’ambassadeur anglais , Charles Stewart, qui, dirigeant lesraquetiers anglais , espèces d’artilleurs spéciaux pour les fusées à la congrève,ne dédaigna pas de lancer de ses diplomatiques mains plusieurs de ces infer-naux projectiles des mœurs militaires les plus barbares, et dont l’effet fut dé-sastreux.

La défection des Saxons laissa le général Durutte livré à toute la supérioriténumérique de Bulow, tandis que Probstheyda était de nouveau devenue lethéâtre d’un combat furieux, mais où les Français conservaient leur avantage.Par ailleurs, vers la gauche de Probstheyda, le maréchal Macdonald et le gé-néral Sébastiani repoussaient avec éclat les Cosaques et les Baskirs, dont lesflèches tuaient tous ceux qu’elles blessaient, si légèrement qu’il parût. Enfin,l’Empereur, par des mouvements habiles, ayant dégagé Durutte , fit à son tourécraser Bulow par les divisions Delmas et Nansouty. Le premier fut tué dansune charge; Bulow battit en retraite. L’Empereur, encore vainqueur sur cepoint et rassuré sur Probstheyda, se mit à constater l’état général de la ba-taille; il fut surpris de reconnaître que l’ennemi, modifiant ses positions, sem-

(1) Les fastes militaires sont à jamais souillés par l’action des Saxons se retournant contrenous pour nous égorger. Et, pour comble de douleur, c’est un Français , un homme à qui lesang français a procuré une couronne, qui nous porte ce coup de grâce! Au milieu de la dé-loyauté générale, le roi de Wurtemberg présente une exception bien honorable. Ce prince,bien que déjà en guerre avec nous, cassa la brigade de cavalerie et les corps d'infanterie de sestroupes qui passèrent à l’ennemi, et retira à leurs officiers la décoration de son ordre. »

(Las Cases .)