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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
efforts pour épargner à Leipsick un assaut sanglant étaient restés stériles de-vant le parti pris de ces sauveurs de l’Allemagne , avait évidemment le droitde ne plus garder de ménagements, en résistant dans les murs qu’il occupaitencore à la tète de forces respectables, jusqu’au moment de sacrifier les fau-bourgs pour assurer sa retraite vers la Saale . Mais l’Empereur hésite à per-dre ainsi, sous les yeux de son souverain qu’il vient d’y reconduire, une desbelles capitales de l’Allemagne . Il finit par adopter le parti de la vraie gran-deur, il n’ensanglantera point volontairement Leipsick. 11 va délier de son ser-ment de fidélité le plus loyal de ses alliés, ne lui demandant, comme dernièrepreuve de sympathie, que de veiller sur les blessés français qui restent dansla ville et dans les environs... Tout à coup une vive fusillade se fait entendredans la direction des faubourgs de Grimma et de Pégau. On s’informe : c’estBernadotte qui vient de forcer l’entrée du faubourg de Taucha , tandis queSchwarlzemherg se présente à celui du midi, et que Bliicher et Benningsen sedivisent l’attaque sur deux autres points... C’était la guerre des rues!
La reine de Saxe et la princesse Augusta supplièrent l’empereur Napoléonde quitter la ville pendant qu’il était temps encore; il céda, et gagna le fau-bourg par lequel s’écoulait déjà l’armée, tandis que Blücher échouait dansson attaque du côté de Halle, point défendu par Marmont. Dans le même mo-ment, le général Reynier, Macdonald, Ney, Poniatowsky et Lauriston défen-daient énergiquement les autres faubourgs, ne cédant que pied à pied le ter-rain aux masses écrasantes de l’ennemi. L’Empereur démontra en ce momentsi critique combien étaient puissantes les ressources de son génie. Il multipliales ordres et les instructions à tous ses généraux, et s’occupa avec l’instinct leplus rare des moindres prévisions, des moyens d’assurer la retraite complètede l’armée. Parmi les ordres dont il pressa le plus l’exécution, fut celui deminer le grand pont de l’Elster, afin de le faire sauter immédiatement aprèsle passage du dernier peloton, laissant ainsi derrière soi un obstacle à la pour-suite des alliés. Mais il était dit que les destins adverses seraient plus forts quetoutes les prévisions de Napoléon : tout à coup le grand pont de l’Elster sauta,jetant ainsi à une forte partie de l’armée française l’obstacle qu’elle devaitplacer entre elle et ses ennemis. On ne put deviner la cause de ce désastreuxaccident. Fut-il fortuit? fut-ce l’œuvre de la trahison? On ne le sut que plustard. L’Empereur dut prendre la route d’Erfurth; le soir, il arriva à Marck-randstadt, où il passa la nuit. Dès le point du jour, il repartit, conduisantl’armée dans les plaines de Lutzen . Ce fut en franchissant le défilé de Posernaqu’on apprit la mort déplorable de l’héroïque prince Poniatowsky, qui s’étaitnoyé sur un cheval vicieux, en voulant traverser l’Elster. On répandit aussile bruit de la mort du général Lauriston, mais le fait fut bientôt démenti.Macdonald avait été plus heureux que l’illustre chef polonais; il avait réussi àtraverser le fleuve à la nage. On apprit en même temps la cause de la catas-trophe du pont de l’Elster. Un combat très-vif s’était engagé dans le voisinagedu pont, et un bataillon badois venait de nous faire défection, en livrant àl’ennemi une des portes de la ville. Ces traîtres, parvenus sur les hauts murs
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