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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
France , et que l’armée ne serait que plus libre dans ses mouvements lorsqu’ellepourrait être sans inquiétudes sur son Empereur. Mais Napoléon ne voulutrien entendre, et, décidé à ne pas quitter l’armée, il lui assigna un rendez-vous général à Erfurth. La Saale fut franchie, tandis que ces alliés, enivrés d’unsuccès qui avait dépassé toutes leurs espérances, étaient restés à Leipsick poury concerter leurs prochaines opérations. En attendant, divers corps d’arméesont lancés sur toutes les routes.
L’Empereur trouva à Erfurth des dépêches de Paris . Elles étaient de natureà rendre quelque confiance à son âme ébranlée par des revers aussi immérités.L’impératrice Marie-Louise , régente, avait proclamé au sénat le danger com-mun et l’invasion imminente de la France. « Sénateurs , dit-elle d’une voixémue, les alliés veulent se venger des triomphes qui ont porté vos aigles aumilieu de leurs capitales, et je sais mieux que personne ce que nos peuplesauraient à redouter, s’ils se laissaient jamais vaincre. Français ! votre Empe-reur, la patrie et l’honneur vous appellent! » Le sénat accueillit cette décla-ration par le vote d’une levée extraordinaire de 280,000 hommes; et Paris et laFrance entière répondent avec un nouvel enthousiasme à cet appel; le paysentier se montre unanime à fournir à l’Empereur tous les moyens possibles deconjurer des dangers grandissants. C’est avec une sorte d’attendrissement que,dans le silence de son cabinet d’Erfurth ( ce même cabinet où quatre ans au-paravant l’empereur Alexandre se montrait si heureux d’obtenir de longuesentrevues de Napoléon ), il lit et relit les rapports et les procès-verbaux qui luitémoignent de l’enthousiasme que la nation entière met encore et toujours, àsa cause. Il passa le reste de la nuit à répondre à toutes ces dépêches. Il dictele bulletin de Leipsick, il rassure l’impératrice, il convoque le corps législatif,il distribue de l’avancement et des récompenses, et s’occupe enfin des dispo-sitions générales qui restent à prendre pour la prompte évacuation de l’Alle-magne .
Nos soldats trouvèrent à Erfurth les approvisionnements qui, s’ils n’eussentmanqué à Leipsick, nous eussent peut-être donné une victoire dont les suiteseussent été incalculables. C’est ainsi que les destins d’un empire peuvent par-fois dépendre du plus infime détail matériel; l’erreur d’un sapeur du géniecoûta à la France , par l’explosion du pont de l’Elster, 30,000 hommes et 200pièces d’artillerie. L’Empereur ramenait les corps suivants : le 2 e (Bellune),le 3 e (Ney), le 4 e (Bertrand), le 6 e (Marmont) et le 11 e (Macdonald); le 12 e (Ou-dinot) était dissous. Les corps perdus à Leipsick étaient les 5 e , 7 e et 8 e , quidevaient tant manquer à cette campagne.
On laissait à Dresde les 1 er et 14 e (Gouvion Saint-Cvr); à Hambourg , le 43 e(d’Eckmuld), et des garnisons singulièrement accrues de tous les blessés et ma-lades qui n’avaient pu suivre les derniers mouvements de l’armée, dans lesplaces de Torgau, Wittemberg et Magdebourg . Certes, l’abandon de ces bravesétait une des circonstances les plus profondément pénibles de notre retraite duterritoire allemand . Mais l'Empereur espérait que ces diverses masses de 40,45 et de 20,000 hommes, formant ensemble un total de près de 80,000 sol-