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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS,et, enfin, le grand corps d’armée allié s’avançait parallèlement à notre marcheet par les montagnes de la Franconie , pour surveiller notre droite. Moins lesdevants, nous étions littéralement encadrés. La situation devenait critique.L’Empereur, grand comme le danger lui-même, se résolut à marcher droitsur Hanau , ville placée dans le voisinage d’une forêt que la route traverse, etd’une rivière, la Kintzig. Cette résolution prise, les bagages furent dirigés surCoblentz , pour faciliter les mouvements à effectuer. Décidé à prendre unebrusque initiative, le 30, de bon matin, et bien qu’il ne disposât encore quede 5,000 hommes formés de l’infanterie du duc de Tarente, dépendant du H'corps, et de celle du duc de Bellune (2 e corps), il lança ces fantassins en tirail-leurs dans la forêt, en y joignant un peu de cavalerie de Sébastiani. L’avant-garde ennemie, qui se tenait à couvert du bois, fut dispersée. A entendre la fu-sillade pétillant sur maint point du bois, on eût plutôt dit d’une grande partie dechasse que du premier engagement d’une bataille. Cependant l’affaire prit uncaractère tout à fait sérieux, lorsque, parvenus au débouché, nos soldats sevirent face à face avec 40,000 hommes, dont le front était couvert par 80 bou-ches à feu. Les Français étaient 10,000. Les corps de Marmont et de Bertrandse trouvaient encore trop éloignés pour qu’on pût compter sur eux, et le ducde Trévise , avec son arrière-garde, arrivait à peine à Hunefeld. Pourtant legénéral Drouot réussit à mettre l’artillerie en batterie, et nous ne tardâmes pasà présenter une ligne de 50 pièces à nos nombreux assaillants.
La fumée qui s’élevait de nos détonations, en masquant l’absence de nosforces, laissa l’ennemi dans l'illusion que notre armée tout entière sortait dela forêt. La perspective de quelques bonnets à poils de la vieille garde, com-mandés par le général Curial, avait suffi pour intimider les Bavarois. De■\Vrède voulut couper court à cette terreur en ordonnant brusquement lacharge centre nos batteries, que nos braves artilleurs défendirent avec leurscarabines. Le général Drouot mit l’épée à la main et se battit comme un simplesoldat (t). Mais bientôt, l’Empereur envoyant la cavalerie de Nansouty et plu-sieurs autres corps en aide à Drouot , la cavalerie ennemie fut promptementmise en déroute. Les jeunes gardes d’honneur, commandés par Saluces , sedistinguèrent extrêmement, en sabrant les Cosaques de Czernizeff. La positionde de Wrède et de ses Austro-Bavarois ne tarda point à devenir fort critique^car sa seule ressource était de gagner le pont de la Kintzig, puisqu’il avaitcommis l’imprudence de nous attaquer ayant cette rivière derrière lui.
Ce jour-là, l’empereur Napoléon courut un grand danger. Comme il setrouvait arrêté donnant des ordres sur un chemin de la forêt, un obus tombatout à coup sur le bord du fossé. Le duc de Vicence , avec lequel l’Empe-reur causait en ce moment, s’élança entre le péril et l’Empereur, qui continuaà donner ses ordres, sans tenir compte de la mort peut-être si voisine.Ce
(1) Ce moment de la bataille fait l’objet d’un des meilleurs tableaux d’Horace Vernet auMusée historique de Versailles