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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 419

1,800 hommes, tandis que notre perte était à peu près du quart. Bourmontgagna à cette défense le grade de général de division.

Schwartzemberg avait franchi Montereau ; Wrède et ses Bavarois, Witt-genstein et ses Russes formaient son avant-garde. Sur l’autre rive de la Seine ,le général Alix, après s’être héroïquement défendu, avait dû abandonner Sens .Les Autrichiens de Bianchi s’avançaient sur Fontainebleau , et les hideuxCosaques de Platof ravageaient l’Yonne et la Loire. L’Empereur quitta Meaux le 16, prenant le chemin de Guignes par Crécy et Fontenay. Les paysans ac-coururent de toutes parts avec tous les véhicules possibles, afin de doubler lesétapes de nos soldats; l’artillerie courait la poste.

Déjà l’on se battait dans la plaine de Guignes. C’étaient les ducs de Bellurçeet de Reggio qui s’opposaient de tous leurs efforts au passage de l’ennemi, afinde conserver à l’Empereur la route de Chaulnes, par laquelle il avait annoncéqu’il arriverait. La jonction de nos soldats eût été compromise par une heurede retard. Cette jonction de Napoléon avec Y’ictor et Oudinot enflamma lemoral des nôtres, et chacun désirait la bataille qui pouvait sauver Paris . Toutela nuit se passa en préparatifs; des courriers furent expédiés à la capitale pourlui rendre la confiance. Le 17 au matin, l’énergie des dispositions prises pu-rent apprendre à Schwartzemberg avec quel adversaire il allait avoir à semesurer.

Le premier contact entre l’ennemi et les nôtres eut lieu par le 2° corps,commandé par le duc de Bellune, lequel rencontra près de Mormant 8,000Rus-ses, qui se replièrent sans accepter le combat. Prcsqu’en même temps, le chefde bataillon Gérard entrait au pas de charge dans la ville, et Drouot , ouvrant lefeu de 30 pièces sur les masses russes , les mettait en déroute. L’infanterie en-nemie mit bas les armes devant Kellermann et Milhaud; les fuyards furentpoursuivis dans toutes les directions. Le général Piré surprit les débris de lacavalerie russe près des bois de Nangis, lui fit un grand nombre de prison-niers et lui prit 6 canons. Ailleurs, sur Villeneuve et Bonnemarie, le généralGérard culbuta les Bavarois. Par malheur, le duc de Bellune, qui craignaitl’extrême fatigue de nos soldats, empêcha Gérard dè tirer tout le fruit qu’eûtoffert sa victoire, s’il eût poursuivi l’ennemi débandé. En laissant aux Bavaroisle temps de se rallier, on leur permit d’arriver à Montereau avant les nôtres.

Lorsque l’Empereur apprit l’ordre regrettable donné par Victor, il se décidaà attaquer le lendemain. L’ennemi devait être pris par ses flancs entre lesgénéraux Pajol et Gérard. Pendant ce temps, le duc de Bellune gagnait tardi-vement Montereau , et y trouvait le prince de Schwartzemberg en position dedéfense. Le général Château fut blessé mortellement dans l’attaque, qui futsans effet. Gérard arriva, plaça habilement ses batteries, et fit un feu terriblesur les Wurtembourgeois. Napoléon pointa lui-même quelques pièces; commel’ennemi ripostait énergiquement et que la mitraille pleuvait autour de l’im-périal canonnier, il répondit aux appréhensions pour sa personne par cettephrase connue : « Allez, mes amis, ne craignez rien : le boulet qui me tueran’est pas encore fondu ! »