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HISTOIRE DE L’ARMÉE
800,000 hommes étaient donc encore sous les armes. Le retour de Napoléon ayant fait rapidement conclure tous les partages, ces masses énormes, éche-lonnées en Allemagne, furent de nouveau dirigées vers la France .
a On dira quelque jour, dit un historien, comment l’Autriche , malgré ladécision des rois alliés, fut au moment de rendre à l’Empereur et sa femme etson fils. Cette partie de notre histoire, encore couverte d’un voile épais, serasans doute éclaircie, et l’on saura quelles raisons, autres peut-être que des motifspolitiques, empêchèrent le retour en France de l’impératrice et du roi deRome, retour qui eût assuré à Napoléon la neutralité, sinon l’alliance de l’Au-triche , et qui, certainement, eût empêché la reprise des hostilités, le désastrede Waterloo , et la seconde chute du gouvernent impérial. »
Ce voile épais, à qui de le soulever? Est-ce à celui qui sait, est-ce à celuiqui ose? Oui, les raisons qui empêchèrent Marie-Louise de venir rejoindrel’Empereur son époux, remonté sur son trône, et de lui ramener son fils,furent autres que celles de la politique.
Lorsqu’elle quitta, devant l’approche des alliés, Paris , où elle était régente,pour se retirer à Blois , l’impératrice ne rejoignit pas l’Empereur, son époux,à Fontainebleau : sur un appel de François d’Autriche , son père, elle courutà lui, et Napoléon n’était pas encore à l’île d'Elbe, que déjà elle était à Vienne avec son fils...
Puis, quelques semaines après, elle partait pour les eaux d’Aix en Savoie .Là, elle fut rejointe par le chevalier d’honneur que la cour d’Autriche venaitde lui désigner, et qui n’était autre que le fameux comte Gustaf Neipperg,général et diplomate, qui ne la quitta plus... et que plus tard elle épousamorganatiquement à Parme ...
Le voile n’est-il pas levé par la simple mention de ce voyage et de ce sé-jour, loin de la surveillante étiquette de la cour, aux eaux d’Aix (où Marie-Louise était encore en août 1814), pendant que son impérial époux se trouvaitisolé à l’île d’Elbe , qu’il ne quitta que le 26 février suivant?...
Est-ce assez en dire?... n’est-ce pas plutôt en avoir déjà trop dit (1)?...
Ce fut au moment même où la capitulation du duc d’Angoulême et la sou-mission des diverses villes encore opposantes pacifiaient l’intérieur, que Murat,dans son désir de racheter sa conduite précédente envers l’Empereur, prenantintempestivement les armes, fut trahi par le courage de ses soldats, et, per-dant brusquement son royaume, enlevait à Napoléon l’appui de l’Italie !
Les discords qui accumulèrent les difficultés autour de Napoléon , dans sesconseils et dans les divers pouvoirs au milieu desquels son merveilleux retourjeta l’épouvante, rendaient aussi compliquée au dedans, qu’elle devenait en-
(I) Peut-être trouverait-on quelques indications de nature à mettre plus complètement surla voie de la triste vérité, qu’il ne convient de le faire dans une œuvre de la nature de celle-ci, dans l’intéressant ouvrage de M. le baron Méneval , ancien secrétaire particulier de l’Empe-reur, ouvrage très-connu, du reste, intitulé Napoléon et Marie-Louise , et qui, nous avonsdes raisons particulières de le savoir, est, en toutes choses intimes, le plus précieux qui puisseêtre consulté.