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Tome troisième.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

core une fois menaçante au dehors, une situation qu’il s’efforçait de dominerde toutes les ressources de son génie multiple. L’assemblée du Champ-de-Maifournit à l’Empereur une solennelle occasion de faire apprécier de tous lessentiments qui l’animaient relativement aux libertés publiques exigées par lestemps. A latin de mai, il comptaitenviron 180,000 hommes prêtsàentreren cam-pagne, et, six semaines après, ce chiffre devait s’élever à 300,000. Juin arrivé,et ayant vainement tenté d’ouvrir des négociations avec les puissances, il eutà opter entre deux partis : le premier consistait à marcher à la rencontre desAnglo-Prussiens vers la Belgique ; le second, d’attendre l’ennemi au cœurmême de la France . L’un et l’autre de ces deux partis offrait ses désavantages;il adopta le premier, plus conforme à sa nature et aussi à l’esprit de détermi-nation du soldat français . Un grand coup porté à la fois sur Wellington etBlücher , un peu surpris sans doute de la hardiesse de l’initiative, pouvait, de-vait même rompre, au début d’hostilités nouvelles, la coalition en train de seréarmer. Il fallait laisser quelques troupes en France pour la garde des villes etla défense des places, et, de plus, 15,000 hommes d’élite avaient dû être con-sacrés à réprimer, sous le commandement du général Lamarque, les mouve-ments que les royalistes suscitaient en Vendée - Ainsi, l’Empereur ne disposaitplus que d’environ 115,000 hommes pour son corps d’armée principal. Cestroupes furent réunies entre laSambreet la Meuse ; elles se fractionnaient ainsi:cinq corps d’infanterie commandés par les officiers suivants : le général Drouetcomte d’Erlon, le lieutenant-général comte Reille, le lieu tenant-général comteVandamme, le lieutenant-général comte Gérard et le lieutenant-général comteLobau; plus, quatre grands corps de cavalerie, commandés par les générauxKellermann, Pajol, Excelmans et Milhaud. L’ennemi avait en Belgique plusde 200,000 hommes.

L’Empereur quitta Paris le 12 juin, et porta son quartier général à Beau-mont. L’ennemi était alors encore disséminé entre Charleroy, Namur, Dinant et Liège. L’Empereur décida de pénétrer en Belgique par le point de jonctiondes Anglais et des Prussiens, afin de séparer les deux ailes des armées alliées.Ce point était voisin de Bruxelles , et l’on pouvait y arriver par les routes deWavre et des Quatre-Bras; le 15 juin, nous franchîmes la frontière. Les Prus-siens nous firent place; ils évacuèrent Charleroy après quelques coups de fusil,de sorte que l'armée put passer la Sambre à Charleroy même, au Châtelet et àMarchienne-au-Pont . Le 2 e corps se dirigea immédiatement sur Gosselie, grosbourg voisin de Bruxelles , afin d’enlever cette retraite aux Prussiens. Le centrede l’armée se porta sur Fleurus, où l’ennemi avait pris position, tandis que le3 e corps se portait sur Namur . Une première escarmouche, qui coûta 12 à1,500 hommes aux Prussiens, sembla d’un favorable augure, et fut du meil-leur effet sur l’esprit de nos jeunes soldats.

Les Prussiens de Charleroy , battus dans leur retraite, se replièrent sur lecorps-central de Blücher , qui réunissait 95,000 hommes, campés en arrièrede Fleurus. Il vit qu’il n’avait plus le temps d’opérer sa jonction avec Wel-lington dont l’armée était concentrée entre Genappe et Nivelle. Il se hâta donc