DE L’ASTRONOMIE.
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En 1753, j’avais pour observatoire la coupole qui est sur la porte principale —du palais du Luxembourg , où de l’Isle avait observé avant son départ pour 1788.la Russie. M. Lepaute venait de faire, pour ce palais, la première horlogehorizontale qu’on ait faite à Paris avec une grande perfection ; et cela luiavait mérité un logement au Luxembourg . 11 avait fait aussi, en 1753, unependule à une seule roue , et j’étais allé chez lui, comme commissaire del’Académie pour l’examiner. Ces deux circonstances suffisaient pour établirdes relations entre deux personnes dont les travaux avaient beaucoup d’analo-gie. Cette réunion a été utile à tous deux : j’ai contribué à la perfection destravaux de M. Lepaute en horlogerie, et M. Lepaute a été utile à l’astrono-mie ; car il y a des pendules de ce célèbre horloger dans la plupart des obser-vatoires de l’Europe , et elles sont de la plus grande perfection.
M. mc Lepaute entra bientôt dans cette réunion de travaux; elle avait tropd’esprit pour n’avoir pas de la curiosité : elle observait, elle calculait, elledécrivait les ouvrages de son mari.
Nous entreprîmes en commun un nouveau Traité d’horlogerie, qui parut en1755, in-4. 0 , et où l’on trouve plusieurs objets nouveaux de M. Lepaute ;entre autres, des pendules d’équation, où le cadran du temps vrai change parune courbe d’équation, en sorte qu’une seule aiguille marque le temps moyenet le temps vrai ; une autre qui suit le temps vrai par le changement du pen-dule : méthodes que l’on emploie souvent avec succès. M. mc Lepaute calculapour ce livre une table du nombre des oscillations pour des pendules de diffé-rentes longueurs, ou des longueurs pour chaque nombre donné de vibra-tions , depuis celui de 1 B lignes, qui ferait 1 8000 vibrations par heure, jusqu’àcelui de 3000 lieues.
Au mois de juin 1757, j’engageai Clairaut à appliquer sa solution duproblème des trois corps à la comète qu’on attendait, et à calculer l’at-traction de Jupiter et de Saturne sur la comète, pour avoir exactement sonretour. M. mc Lepaute nous fut d’un si grand secours , que nous n’aurionspoint osé sans elle entreprendre cet énorme travail, où il fallait calculer pourtous les degrés, et pour 15 o ans, les distances et les forces de chacune desdeux planètes par rapport à la comète. Je lui ai rendu justice, à cet égard,dans ma Théorie des comètes, p. 110.
En 1759, Clairaut avait également cité M. mc Lepaute dans son livresur la comète, où il profitait de cet immense travail ; mais il supprima cetarticle par complaisance pour une femme jalouse du mérite de M. mc Lepaute ,et qui avait des prétentions sans aucune espèce de connaissance. Elle par-vint à faire commettre cette injustice à un savant judicieux , mais faible ,qu’elle avait subjugué. On sait qu’il n’est pas rare de voir les femmes ordi-naires déprécier celles qui ont des connaissances, les taxer de pédanterie,et contester leur mérite, pour se venger de leur supériorité : celles-ci sont en sipetit nombre, que les autres sont presque parvenues à leur faire cacher cequ’elles savent.
Clairaut m’écrivait : « L’ardeur de M. mc Lepaute est surprenante. « Dans