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Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
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6 9 2 HISTOIRE ABRÉGÉE

— auxquelles on peut comparer chacune de mes zones ; je n’ai pas cru devoir1 7^0. me presser de faire ces réductions. La publication des observations est ce quiintéresse le plus les progrès de l’astronomie, et je crois qu’il est de mon devoirde ne point la différer; c’est l’exemple que m’ont donné les C. cnl Le Mon-nier et Darquier en France , Flamsteed et Maskelyne en Angleterre. Ainsij’ai présenté les observations , en attendant les calculs , qui exigeaient plu-sieurs années. Peut-être que quelque amateur, privé du plaisir d’observer avecde grands instrumens , voudra s’en dédommager, ou dédommager l’astrono-mie, en se livrant à une partie de ces calculs, qui peuvent se faire par-tout:mais pour les observations, il eût été bien difficile de se les procurer ailleurs;à peine osais-je me les promettre à Paris . La Caille avait eu intention, en1755, de se transporter dans une des provinces méridionales de la France ,pour entreprendre un semblable travail, et n’être pas contrarié par les mau-vais temps qui affligent si souvent les astronomes à Paris et à Londres . J’avaismoi-même écrit à l’Académie de Montpellier, en 1788, pour savoir si je pour-rais placer dans son observatoire, pendant un an, le grand mural de 7^ pieds,qui était mon principal instrument, et je me serais exilé volontairement pource temps-là. Mais j’y voyais bien des obstacles; j’ai donc voulu, en atten-dant, essayer ce que je pouvais espérer du climat de Paris . Nous avons quel-quefois cent belles nuits dans un an, et cela suffit pour remplir mon objet.On observe facilement cent étoiles dans une nuit : ce serait dix mille dansune année, si toutes les parties du ciel étaient également riches en étoiles; maisil y a des zones qui sont très-pauvres, sur-tout les environs du pôle boréal.Il nous est arrivé de n’avoir qu’une seule étoile dans une heure, en parcourant4 à 5 degrés de hauteur ; une autre fois, trois étoiles en deux heures , de19 heures à 21 heures : mais enfin j’ai vu que, dans ce climat, dont lesastronomes se plaignent sans cesse, et qui véritablement les tourmente biensouvent, on peut entreprendre et exécuter tout ce qui est nécessaire pourl’astronomie; tandis qu’au milieu de l’Asie , dans les climats où l’astronomie pritnaissance, tout près de Babylone , Beauchamp, qui l’a ressuscitée pendantquelques années, se trouvait réduit, pendant les trois mois de l’été, à uneinaction pénible, mais forcée, par les chaleurs dévorantes, qui rendent unobservatoire inhabitable , même pendant la nuit.

Le quart-de-cercle mural avec lequel j’ai entrepris ce travail, quoique faitpar le célèbre Bird, ne pouvait être dans un plan assez uniforme pour quetous les passages observés fussent dans le méridien ; d’ailleurs, il fallait néces-sairement s’en assurer, et cela était sur-tout essentiel pour les étoiles cir-compolaires, dont le mouvement est très-lent, et où une seule seconde enproduit, par exemple, trente-deux pour l’étoile polaire. Pour remédier à cetinconvénient, je demandai qu’on fît faire, pour l’observatoire de l’Ecolemilitaire, un instrument des passages, dont la lunette eût trente-deux lignesd’ouverture, comme celle du quart-de-cercle. M. de la Tour-du-Pin,alors ministre de la guerre, s’y prêta, et cet instrument fut placé sur un murque j’avais fait élever exprès, qui a quatre pieds de large et deux pieds