Band 
Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
Entstehung
Seite
693
JPEG-Download
 

DE L’ASTRONOMIE. dp 3

d'épaisseur , avec des fondations profondes, et qui est fortifié par un escalier ———tournant. Cet instrument, dont l’axe a trente-quatre pouces, a si bien réussi 1790.dans les mains du C. en Lenoir , que souvent on trouve à un dixième deseconde la même situation vers le zénith et vers l’horizon. Par ce moyen l’onpeut déterminer les erreurs du plan dans le quart-de-cercle, ou bien les ascen-sions droites de deux ou trois étoiles dans chaque zone, auxquelles on peutcomparer toutes celles qu’on a observées dans une nuit. Cette lunette estéclairée par l’intérieur de l’axe, ce qui réussit beaucoup mieux ; et elle portecinq fils que l’oculaire parcourt successivement : en réduisant tous les pas-sages au milieu, il arrive souvent qu’il n’y a pas plus d’un dixième de seconded’incertitude.

II fallait encore , pour la perfection de ce travail, une pendule excel-lente : mais à cet égard il ne m’a rien manqué; celle dont je me sers depuisplusieurs années, et qui est des C. cns Lepaute , a été quelquefois pendantun mois à la même seconde. Elle retardait en été de deux dixièmes de secondepar jour; mais pendant trois mois il n’y avait pas eu sur le mouvement journa-lier une différence d’un vingtième de seconde. Je ne crois pas qu’en Angle-terre ni en France on ait jamais obtenu une plus grande précision; la natureseule des huiles qu’on est obligé d’employer, produit, de l’hiver à l’été, unedemi-seconde par jour de différence. Le comte de Brühl , riche amateur d’hor-logerie , me faisait voir à Londres , en 1788, un journal de la marche deplusieurs pendules des plus célèbres artistes d’Angleterre , qu’il suivait jour parjour dans toutes les saisons, avec une exactitude astronomique ; et aucunen’avait pu éviter ces petites différences d’une demi-seconde par jour entrel’hiver et l’été.

Le travail n’était pas encore fini, que j’eus la satisfaction d’en recueillir lefruit à l’occasion de la comète découverte par miss Caroline Herschel , le 17avril 175)0, dans la constellation d’Andromède. Elle passa fort près du pôle ,et j’avais les positions des étoiles qu’elle traversait; il s’en est aussi trouvé ducôté du midi, parmi les nombreuses observations de d’Agelet, dont les jour-naux sont restés entre mes mains. C’est un dépôt précieux, dont je lui pro-mis la publication si le malheur voulait qu’il ne pût la faire lui-même; etj’ai commencé à remplir mon engagement dans le premier volume de l’His-toire céleste française, qui a paru en 1801.

Le C. cn Delambre , aussi supérieur pour l’observation que pour la théoriede l’astronomie, entreprit, en 17510, avec un instrument des passages éga-lement bon , de concilier ou de corriger les ascensions droites des cataloguespour les principales étoiles ; il trouva des fautes dans ceux de Bradley, deMayer, de La Caille, et il détermina, par plusieurs observations de chaqueétoile, les corrections qu’il fallait faire à chacun des catalogues , du moinspour les ascensions droites. La situation de son observatoire ne permettait pasd’y placer un assez grand quart-de-cercle pour observer de même les décli-naisons ; mais j’y ai suppléé avec le mural de l’École militaire.

Les amateurs des sciences durent voir avec plaisir qu’au milieu des convulsions