7 i 6 HISTOIRE ABREGEE
- à laquelle nous sommes tous trois parvenus. Ce sont autant de points fixes
qui servent à donner actuellement, tous les jours, les positions exactes desplanètes. M. de Zach les a publiées en 1792, avec ses tables du soleil.
Mais ces deux habiles astronomes n’avaient pas, comme moi, la facilité dedisposer d’un grand quart-de-cercle mural de huit pieds de rayon, pour obser-ver les déclinaisons de ces étoiles. Je m’occupai de ce travail avec le C. c " LeFrançais , mon neveu, qui ne cesse d’être utile à l’astronomie depuis plusieursannées. Le C. cn Lesne , mon autre neveu, observait et calculait déjà desdéclinaisons. Nous avions 10000 étoiles du côté du nord, et 3000 du côtédu midi, dont une partie a paru dans les Mémoires de l’Académie pour 1789,et le reste dans l’Histoire céleste.
Ce qu’il y a de plus singulier dans cette suite d’observations d’étoiles ,c’est de voir combien il en manque parmi celles qui sont dans les cataloguesfaits par Flamsteed et Hévélius , il y a cent ans; j’en compte déjà i 44 qui11e se trouvent point à leur place : sont-ce des fautes dans le calcul ou dansles observations anciennes ! sont-ce des étoiles qui ont disparu et se sontéteintes, ou qui ont diminué de lumière! C’est ce qu’il est impossible dedécider; mais les astronomes, bien avertis actuellement, n’auront plus à l’ave-nir de pareilles incertitudes , chaque étoile étant déterminée par plusieurs joursd’observations calculées séparément et qui donnent le même résultat. SiF lamsteed nous eût laissé de pareilles données, la disparition de ces étoilesserait réelle, elle serait certaine; et il est probable qu’il y en a plusieurs dans cecas-là. Peut-être aussi quelques-unes se trouveront être des planètes, commela 34 - c étoile du Taureau , qui est reconnue aujourd’hui pour être la planètede Herschel.
Le C. cn Cassini, directeur de l’Observatoire, fit usage du cercle entier,qui donnait une précision plus grande que les autres instrumens. Il déterminales erreurs du quart-de-cercle qui servait depuis cinquante ans, et avec lequelil avait trouvé les déclinaisons de beaucoup d’étoiles, et il les donna ainsicorrigées. Cette importante vérification d’un instrument de six pieds va rendreaux observations faites jusqu’à présent, et sur lesquelles il pourrait y avoir dudoute, toute l’utilité dont elles sont susceptibles; et c’est ainsi que l’on pourramettre en valeur toutes celles de Joseph de I’IsIe et duC . cn Messier à l’obser-vatoire de la Marine, rue des Mathurins, dont le demi-cercle était sujet à lamême incertitude , à cause des irrégularités de la division.
MM. Barry et Henry , astronomes de l’électeur Palatin à Manheim , m’en-voyèrent beaucoup de déclinaisons d’étoiles. Le prince leur promit de faireélever une pyramide et un fanal pour la nuit dans la plaine du Rhin , afinde diriger leur lunette méridienne ; espèce de fondation astronomique dontil n’y avait point eu d’exemple : mais la guerre en empêcha l’exécution.
Marc-Auguste Pictet, professeur de philosophie à Genève , habile astro-nome, mit dans les Transactions philosophiques un mémoire sur la mesure d’undegré du méridien et de deux degrés du parallèle qui se coupent à l’observatoirede Genève; il fut reçu à cette occasion membre de la Société royale de Londres.