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Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
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y i 8 HISTOIRE ABRÉGÉE

— pendule simple , avec des précautions inouïes. Une règle de platine de douzey y 2. pieds, portant un thermomètre métallique et un vernier qui donnait les cen-tièmes de ligne; un pendule de douze pieds, qui oscillait devant la lentilled’une horloge où l’on pouvait distinguer la coïncidence, avec l’exactitudequi répond à un i50. c de ligne pour la longueur du pendule à secondes;une boule de platine qui diminuait de moitié la réduction de la pesanteur del’air qu’on est obligé d’y faire ; tout fut soigné , répété et calculé au pointde n’avoir pas un centième de ligne d’incertitude, et nous en avions sept ouhuit de différence entre Mairan, La Caille et Bouguer .

JI est vrai qu’en réduisant tout au même degré de chaleur, on trouve, parles expériences de Mairan , le même centième de ligne que par celles deBorda; mais c’était une exactitude due au hasard, qu’on ne pouvait prévoiren voyant que d’autres avaient plusieurs centièmes de ligne de plus.

L’usage du cercle entier à la place du quart-de-cercle fit, pour l’exacti-tude des mesures astronomiques , une nouvelle époque. Mayer avait déjàremarqué, en 1752, qu’avec un fort petit cercle on pouvait avoir une très-grande précision, en multipliant les angles sur toutes les parties de la cir-conférence : mais on n’avait pas profité de cette idée heureuse avant leC. cn Borda, qui fit construire des cercles, soit pour la navigation, soit pourl’astronomie, et qui en fit sentir l’utilité; c’est même en partie ce qui ledétermina à solliciter l’Académie et le Gouvernement pour entreprendre cettenouvelle mesure de la terre. Nous eûmes une nouvelle preuve de cette exacti-tude dans le premier triangle que mesurèrent les C. ens Delambre et Le Fran-çais. Le triangle'formé à Clermont , Jonquière et Saint - Christophe, terminéle 4 août, donna les trois angles si exactement de 360 degrés, qu’il n’y avaitpas un vingtième de seconde de différence, tandis que, dans les plus grandesopérations faites jusqu’ici pour la mesure de la terre, il y avait souvent 10,15 et 20 secondes d’erreur.

La hauteur du pôle de Paris , l’obliquité de l’écliptique, fondemens essen-tiels de l’astronomie , et sur lesquelles il y avait quelques secondes d’incertitude,furent vérifiées cette année.

Le Français trouva la hauteur du pôle, à la face méridionale de l’Observa-toire, 48 ° 50' 15"; et lorsque les C. cni Méchain et Delambre firent ensuitemille observations, ils eurent précisément le même résultat. Il trouva aussi l’obli-quité de l’écliptique plus grande de 5 à 6" que dans mes tables de 1792.

S’il reste encore , à cet égard , une seconde d’incertitude , c’est sur laréfraction à la hauteur du pôle de Paris , laquelle influe également sur l’obli-quité de l’écliptique ; mais les cercles lèveront encore probablement cetteincertitude , en nous procurant le moyen de connaître, soit la réfraction abso-lue , soit ses variations par la chaleur et le poids de l’air, ou par l’humidité.Mais c’est bien ici une des grandes difficultés qui s’opposeront à cette extrêmeprécision de la nouvelle astronomie ; car si l’électricité de l’air ou d’autresvariations dans sa contexture changent la réfraction, il sera bien difficile d’entrouver la cause , la loi et la mesure.