DE L’ASTRONOMIE.
mais bientôt il sentit des dispositions pour les belles-lettres : son premier goût —-
fut pour la poésie ; il fit même des tragédies que Lanoue trouva bonnes, sans I y y 3 .cependant conseiller au jeune Bailly de se livrer à ce genre.
M. llc Lejeuneux, qui fut ensuite M. mc de la Chenaye ( i ), s’occupait ausside peinture; elle était amie de La-Caille, et ce fut chez elle que le'jeuneBailly fit la connaissance de cet illustre astronome : il n’en fallut pas davantagepour décider sa vocation vers les sciences, et dès l’année 1762 il présenta àl’Académie des observations de la lune, que La Caille lui avait fait réduire avectoutes les attentions et les détails que comportait le nouvel état de l’astronomie ,et qu’il cita avec éloge dans le sixième volume desEphémérides.
11 calcula l’orbite de la comète de 1759, d° nt le retour avait occupé lesastronomes; et le 29 janvier 1763 , il fut reçu à l’Académie des sciences.
En 1763 , Bailly publia un long et utile travail : c’est la réduction des obser-vations que La Caille avait faites, en 1 760 et 1761, sur les étoiles zodia-cales , au nombre de 515, parmi lesquelles il y en a 132 qui ne sont pointdans les autres catalogues. Le surplus se trouve bien dans le zodiaque deMayer : mais il est reconnu que les positions de La Caille sont encore plusexactes. Ainsi Bailly rendit service à l’astronomie, en nous faisant jouir d’untravail qui avait coûté la vie à son auteur, et qui serait demeuré inutile sansle zèle de son élève.
En 1763 , il commença à s’occuper de la théorie des satellites de Jupiter,dont la difficulté et l’importance avaient déjà attiré l’attention de l’Académie ,qui proposa ce sujet de prix au mois d’avril 1764; mais Bailly s’en était déjàoccupé l’année précédente.
La Grange , qui était déjà un des premiers géomètres de l’Europe , tra-vaillait pour le prix de l’Académie . Le nouvel académicien calculait lesmêmes perturbations par la théorie de Clairaul ; leurs efforts réunis nous firentconnaître pour la première fois les dérangemens singuliers de ces petites pla-nètes , et produisirent des tables nouvelles, dont les équations n’étaient pluspurement empiriques.
En 1766, il publia un traité important, sous le titre modeste d’ Essai surla théorie des satellites de Jupiter, avec des tables de leurs mouvemens, et l’his-toire de cette partie de l’astronomie, en 53 pages '111-4.° ; car dès-lors lapartie de l’érudition paraissait l’intéresser.
La découverte que j’avais faite de la cause des changemens d’inclinaisonsdans les orbites des satellites, et dont il se servit sans me nommer, occasionnaentre nous une querelle littéraire , dans laquelle il sortit de son caractère enpubliant une lettre contre moi dans le Journal encyclopédique de juin 1773;mais dans son Histoire de l’astronomie, t. III, p. 180, il a exposé mes droitsavec la candeur qui lui était naturelle.
Le mémoire le plus curieux que Bailly ait fait, est celui qu’il publia, en 1 ”7 1,sur la lumière des satellites. II se servit habilement de l’idée qu’avait eue Fouchy,
( 1 ) Elle
l’éloignement des nobles.
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