D E L’AS T R O N O M I E.
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avait de la peine à croire à ce peuple détruit et oublié, qui avait précédéet éclairé tous les autres; il était persuadé que les Brames, qui nous ont en-seigné tant de choses , étaient les auteurs de la philosophie et des sciences :Bailly ne les regardait que comme dépositaires.
Quant à l’Atlantide de Platon , Plutarque nous dit formellement que c’étaitune fable [Journal de Paris, 15 octobre 1780). M. Bartoli, dans ses Réflexionsimpartiales, publiées en 1780, soutient que c’est une allégorie des malheursd’Athènes ( Journal des savans, janvier 1781); et je ne doute pas qu’il n’aitraison : mais ce n’est pas ici le lieu de discuter cette ancienne question ; il suffitde dire que Bailly la traita avec autant d’érudition que de goût.
En 1781 et 1782, il composa un grand ouvrage sur l’origine des fableset des religions anciennes , rempli d’érudition et de recherches, et qui estintitulé Essai sur les fables et sur leur histoire ; il en a paru deux volumesen 1799 : mais il n’y fait point usage de l’astronomie; et c’est une perte, ceme semble, et pour l’ouvrage et pour nous.
Bailly ne donna point tout-à-fait dans le système allégorique des tradi-tions anciennes, que le C. cn Dupuis a établi d’une manière victorieuse. Lesidées de Bailly étaient fixées, son parti était pris; et malgré mes-efforts, jene pus le ramener à ce qui me semblait la vérité. Au reste, comme enthou-siaste de l’astronomie, je regrettais le temps qu’il employait à des rechercheset à des discussions plus curieuses qu’utiles , et qui ne contribuaient point auxprogrès d’une science où il était si capable d’influer.
Ses idées sur l’ancienne Asie se rapprochaient de celles de Buffon sur lerefroidissement de la terre : aussi fut-il très-lié avec lui, jusqu’à ce que l’élec-tion de l’abbé Maury à l’Académie française les brouilla irrévocablement ;Bailly non-seulement refusa sa voix, mais il refusa de s’absenter de l’Aca-démie le jour de l’élection ; et dès-lors il n’y eut plus de relation entre celuiqui voulait être maître, et celui qui voulait être libre.
L’Histoire de l’astronomie avait engagé Bailly dans des recherches d’éru-dition qu’il poussa très-loin, et que l’Académie des inscriptions et belles-lettres consacra, en 1785, par une élection bien juste jamais bien rare,puisqu’il n’y avait jamais eu que Fontenelle 'qui eût été des trois grandesAcadémies; et certainement Fontenelle était bien loin d’avoir mérité la palmede l’érudition ancienne au même degré que Bailly. L’Académie des sciencesdevait l’adopter comme un de nos plus habiles astronomes, celle des inscrip-tions comme un de nos plus savans chronologistes , et l’Académie française comme un de nos meilleurs écrivains.
Son Histoire de l’astronomie indienne et orientale, qui parut en 1787,justifia bien ce choix ; car elle exigea une infinité de recherches que per-sonne que lui peut-être n’aurait pu faire aussi bien , parce qu’elles demandaientune immensité de calculs que les érudits ne sont presque jamais en état de faire.Je ne crois pas à l’ancienneté qu’il donne .aux observations et aux fablesindiennes; mais son ouvrage est précieux par l’érudition, par la science astro-nomique et par la manière dont il est écrit.
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