79 s HISTOIRE ABRÉGÉE
. desirais depuis long-temps de visiter et de connaître le seul monument dei 79 8. l’astronomie qu’il me restait à voir, à l’exemple de Halley , qui alla d’Angle-terre à Danzig en 1679 , pour voir l’observatoire d’Hévélius , se concerteravec lui et juger de la précision de ses observations. J’ai vu que M. de Zachpeut observer l’étoile polaire à dix secondes de degré, au lieu de cent secondesau moins que nous avions d’incertitude.
Plusieurs astronomes d’Allemagne , avertis de mon projet, y sont venus. Cesconférences ont servi à augmenter l’émulation. J’ai rapporté 1200 ascensionsd’étoiles zodiacales, observées par M. de Zach avec le plus bel instrument despassages qui existe , chacune plusieurs fois : elles paraîtront avec 3000 décli-naisons que j’ai envoyées à M. de Zach, dans un ouvrage important qu’ilprépare sur l’astronomie , en deux volumes in- 8 .°, et dont les deux tiers sontdéjà imprimés.
M. Bode reçut, à cette occasion , du roi de Prusse une augmentation depension de 1200 francs. Il nous apporta les dessins de sa treizième carte duciel étoilé : il y en a vingt ; et cette collection précieuse pour l’astronomiecontient 17000 étoiles, ou 12000 de plus qu’on n’en avait auparavant. IIen a réduit 3000 de La Caille; il en a observé 1500 lui-même pour rem-plir les vides ; je lui ai fourni les autres. On y trouvera les 2000 nébuleusesde Herschel, et 5 à 600 étoiles doubles de ce célèbre astronome. Nous sommesconvenus d’y ajouter deux nouvelles constellations, la Presse deGutemberg,et le Globe de Montgolfier. La Caille avait placé dans son planisphère aus-tral les principaux instrumens des sciences et des arts. J’ai cru que la plusbelle découverte des Français méritait bien d’y occuper une place.
M. Wurm est venu de Wirtemberg (cent lieues de distance); le duc deWirtemberg lui a donné pour cela une gratification de 800 francs.
MM. Klugel, Gilbert et Pistor vinrent de Halle, université célèbre dansles états du roi de Prusse; M. Schaubach, de Meinungen ; M. Seyffer , deGottingen . M. Kœhler apporta un nouveau photomètre pour mesurer lalumière des étoiles, et un sélénostate à réflexion, qui est une machine ingé-nieuse. M. Feer, de Zurich , nous apporta une carte du Rhinthal, levée avecun sextant à réflexion.
Tous sont convenus d’accréditer les nouvelles mesures, d’employer le tempsmoyen et les décimales dans les calculs. M. Seyffer, de Dresde , me donnamême un compteur décimal qu’il avait exécuté lui-même. Nous allâmes surla montagne d’Inselsberg avec des chronomètres, des sextans, des horizonsartificiels de différentes formes pour les comparer, et je suis resté convaincuque bientôt la géographie de l’Allemagne sera très-avancée par l’usage de cesinstrumens, que M. de Zach a accrédité et propagé.
Je portai avec moi un chronomètre du C. cn Louis Berthoud , n.° 32, l’unde ceux auxquels l’Académie avait adjugé le prix , et j’ai vu avec plaisirque deux cents lieues en poste n’avaient pas changé d’une seconde par jourla marche de ce précieux instrument. Le vice-amiral Rosily , directeur duDépôt, continue de nous le laisser pour la correspondance des cinq observatoires