Band 
Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
Entstehung
Seite
817
JPEG-Download
 

DE LASTRONOMIE. Si 7

îes chronomètres dont il enrichira la marine. Le C. cn Breguet lui en fournissaitauparavant.

J'espérais que mon voyage aérien, le 25 juillet 1799, mapprendrait quel-que chose sur la scintillation des étoiles , sur la blancheur de la voie lactée,sur la noirceur et la composition de Pair ; je fus trompé par celui à qui javaisdonné ma confiance, et pour qui javais bravé lopinion publique. Je ne pusaller assez haut; mais cette promenade atmosphérique me plut infiniment, et mefit faire sur les courans dair quelques remarques utiles. En partant de Tivoli,Pair me paraissait parfaitement calme ; on aurait jugé quil 11y avait pas le moindrevent : cependant je reconnus que le ballon avançait vers louest. Je mélevai à250 toises, et javançais de manière à faire à raison de six lieues par heure. Ladirection des nuages, que javais examinée avant de partir, était, au contraire,vers louest : ainsi jai éprouvé que quand une cause locale pousse la partieinférieure de Pair à louest, celle den-haut prend la place et va vers lest. Dedeux ballons dépreuve que je fis partir avant moi, lun pour aller à 300 toisesde hauteur , et lautre à 600 toises environ , lun se dirigeait vers Montfort,et lautre vers Rambouillet ; ce qui faisait six degrés de différence : ainsi, pour300 toises, le vent changeait de six degrés; donc, en sélevant plus oumoins, on parviendra quelque jour à varier sa direction. Les plans inclinés duC. cn Tetu-Bressi à Bellevue nous donnent un moyen de varier ces directionsbeaucoup plus, et jespère quon en verra la preuve quand il fera ses expériences.

Un grand ballon de neuf pieds, qui séchappa le lendemain, séleva beau-coup plus haut, et alla tomber à Coucy , vingt-trois lieues au nord-est deParis, faisant httit lieues par heure ; il se dirigeait vers Maestricht et Rure-monde , tandis que les nuages marquaient la direction de Joinville et deConstance, vers le sud-ouest : entre les deux directions, il y avait de quoichoisir pour toutes les parties de lAllemagne . Ainsi le projet que javais an-noncé daller à Gotha nétait point sans fondement, comme on la prétendu;il ne fallait que choisir la hauteur. La vitesse de huit lieues par heure métaitencore indiquée par le voyage de Garnerin , du 28 thermidor an VI, qui allade Rosni à Châlons en quatre heures : ainsi il ne me fallait que vingt-quatreheures pour aller vers Gotha, était le terme de mes désirs et de mesespérances.

Mon aérostat tourna deux fois ; ce qui me fit voir que dans un courantdair de vingt pieds de haut, il y a une différence sensible de force et devitesse : mais probablement, en mélevant plus haut, jaurais trouvé plus derégularité.

Je voyais aussi, par lagitation de mon baromètre, que la stabilité de lanacelle nétait pas assez constante pour observer avec des lunettes; mais plushaut jaurais sans doute trouvé plus de fixité : dailleurs, on pourrait, commesur les vaisseaux, employer des instrumens avec lesquels on évite linconvé-nient du mouvement.

Il y a eu des cas un astronome eût été heureux de pouvoir sélever-, dessus des nuages. Le Gentil alla aux Indes en 1760 pour observer le passage

Lllii

1 799 .