8 16 HISTOIRE ABRÉGÉE
—— La marine , qui est liée essentiellement à l’astfonomie, produisit un mémoire
pp. contenant des explications théoriques sur la carte trigonométrique dont nousavons parlé, servant à réduire la distance apparente de la lune au soleil ouà une étoile en distance vraie, et à résoudre d’autres questions de pilotage,par le C.' n Maingon, lieutenant de vaisseau. Ce mémoire, et la carte quil’accompagne , contiennent une méthode ingénieuse , facile et exacte, pourfaire la réduction des distances, avec la règle et le compas, sur une seulecarte, au lieu du grand nombre de celles qui ont été publiées par Margetts;et le rapport que le C. en Lévêque a fait à l’Institut sur ce sujet , contientune grande érudition et des réflexions importantes sur la même matière.
Le C. cn Lévêque a aussi publié , dans la Connaissance des temps del’an X , un mémoire intéressant sur l’usage qu’on peut faire des cartes horairesde Margetts pour résoudre des problèmes que l’auteur n’avait pas eus en vue,et qui les rendent plus intéressantes qu’on ne croyait.
On trouve dans la Bibliothèque britannique, excellent journal de Genève ,un extrait de plusieurs rapports faits à la Société établie à Genève pour l’avan-cement des arts , sur la marche d’une montre marine , ou garde-temps , exé-cutée en 1798 par deux artistes genevois, Demole et Magnin, et soumisepar eux à l’examen de cette société , qui a nommé une commission poursuivre à l’observatoire la marche de cette montre.
Elle a la forme d’un cylindre de 78 millimètres [3 pouces] de diamètre,sur de hauteur [ 18 lignes] , et elle est suspendue horizontalement dansun double cercle, à la manière des boussoles marines ; son régulateur est àcompensation d’après les principes exposés dans le même volume de la Bi-bliothèque britannique, douzième des Sciences et Arts, n,° i,' r , an VII,pag, 64 et suiv. Le régulateur est mu par un spiral roulé en cylindre; l’échap-pement est décrit au même endroit, avec les figures ; tous les frottemens ,tant de l’échappement que des derniers mobiles de la machine , se font surdes rubis ou plans ou percés ; et ce perfectionnement essentiel, qui supprimel’emploi de l’huile, n’avait pas encore été {porté à ce degré.
Ces habiles artistes se sont perfectionnés l’un et l’autre dans un séjour deplusieurs années à Paris, chez Ferdinand et Louis Berthoud ; ils ont ensuiteréuni leurs talens à Genève , au grand avantage de l’art. Le C. cn Magninvoyage actuellement en Espagne , où il a porté une montre semblable à celledont il est ici question. Ils font aussi des chronomètres portatifs, à échappe-ment indépendant et à compensateur , qui vont avet une régularité très-satis-faisante.
L’art de percer les rubis , anciennement porté de Genève en Angleterrepar Fatio , était un secret perdu pour le pays où il avait été trouvé. Lesauteurs dont il s’agit l’ont naturalisé dé nouveau, par le moyen du C. c " Mal-let, qui l’avait appris à Londres , où il y a plusieurs ouvriers dans ce genre;ils ont taillé et percé eux-mêmes tous les rubis qu’ils ont employés.
Le C. cn Louis Berthoud a fait venir aussi cet ouvrier à Paris , moyennant4ooo francs que la marine a avancés, et il fera désormais la même chose dans
les