DE L’ASTRONOMIE,
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J’ai publié, dans mon Abrégé de navigation, sa nouvelle méthode pour————jauger les vaisseaux, avec des tables. Il était inspecteur des constructions 1navales; il a été utile dans cette partie, et le Gouvernement avait en luila plus grande confiance.
Le 2 avril [13 germinal], Le Monnier mourut en Normandie . Lorsquele plus ancien et le plus célèbre des astronomes vivans eut cessé de travail-ler, je n’attendis pas sa mort pour parier de ses travaux; et dans l’Histoirede l’astronomie pour 1797, j’en donnai une notice détaillée : mais sa véri-table place est à l’année 1799.
Pierre-Charles ( 1 ) Le Monnier , de l’Académie des sciences de Paris, decelles de Londres et de Berlin , professeur au Collège de France , astronomede la marine, naquit à Paris le 23 novembre 1715. Son père, Pierre LeMonnier, était né à Saint-Sever, près de Vire en basse Normandie (2),en 1675 , l’année où Turenne fit sa plus fameuse campagne et fut tué le27 juillet. Le Monnier vint à Paris , où son mérite le fit nommer professeurde philosophie au collège d’Harcourt. II fut élu à l’Académie des sciences le29 août 1725. II observa à Paris , le 1." août 173 6 , l’immersion d’Aldé-baran à 3 h 4 P 4 1 2 du matin, comme on le voit dans le livre de la Figurede la terre, dans le second livre des Observations de son fils, et dans unelettre de Celsius à Kirch , écrite de Kittiswara le 6 octobre 1736. Cette obser-vation a servi à déterminer la longitude de Tornéo, et prouve que le pères’occupait déjà personnellement d’astronomie. A cette occasion, Celsius écrivaitque le fils était un habile astronome : il 11’avait pourtant que vingt-un ans.
Le père publia, en 1750, son Cours de philosophie scolastique : on y trouveplus de géométrie qu’on n’en mettait alors dans les écoles ; le cartésianisme,dans lequel il avait été élevé, y était modifié et corrigé; enfin on y voyaitun professeur de l’ancienne philosophie , déjà digne d’être le père de celuiqui devait être le plus ardent et le plus utile promoteur de la nouvelle philo-sophie. II mourut le 27 novembre 1757, âgé de quatre-vingt-deux ans. IIlaissa deux fils, Pierre-Claude-Charles, dont il s’agit actuellement, et Louis-Guillaume , aussi membre de l’Académie depuis 1743 > et qui fut ensuite pre-mier médecin du roi.
Parmi toutes les sciences dont il pouvait avoir une idée près de son père,
Le Monnier sentit et annonça de bonne heure le goût de l’astronomie. Jevois qu’en 1731 il observait déjà l’opposition de Saturne , le 23 septembre;il n’avait pas seize ans. Je naquis peu après , et cette époque de ma naissanceaugmente le plaisir que je trouve’à célébrer ses travaux, et à dire qu’au mêmeâge je commençai la même route , sans espérer d’approcher de la durée et dumérité qui ont rendu si utile cette longue et glorieuse carrière.
Dès le mois de novembre 1732, M. de I’ouchy lui procura l’occasion
(1) Il y a des actes où on lit Pierre-Claude - Charles ; mais dans les affiches il mettaitPierre-Charles.
(2) Patrie du P. Tellier.
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