D E L’AS T R O N O M I E.
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tant qu’il ne croyait pas avoir de motifs de changer. Son zèle était extrême ■pour faire valoir les travaux de ses élèves, quelquefois même un peu outré.Par exemple, il publia, dans les Mémoires de l’Académie pour 1785, desobservations de Michaux, faites à Bagdad avec un vieux astrolabe, quoi-que Beauchamp y eut établi un observatoire avec de bons instrumens queje lui avais fait parvenir. Mais c’est à ce caractère ardent de Le Monnier queje dois la réputation de ma jeunesse : ainsi ce n’est pas à moi à lui en faireun reproche.
Il revenait difficilement de sa prévention et de son humeur. II avait repro-ché à d’Agelet des erreurs de 6 à 7". — Mémoires, 1787. Je lui fis voir évi-demment qu’il se trompait, en oubliant la différence des méridiens : il persista àfaire imprimer ses notes , quoique je l’eusse prévenu que j’imprimerais dansle même volume la preuve de son erreur; et les deux mémoires y sont réel-lement , ce qui n’était pas digne des Mémoires de l’Académie. Mais il avaitégalement l’intelligence, le génie, le zèle, l’activité et le crédit; toujours ildonna l’impulsion , et toujours il réussit à avancer le progrès de l’astrono-mie dans chacune de ses parties, et à jeter dans la carrière ceux qui pouvaienty etre utiles. Personne n’a plus écrit que lui : j’avoue qu’il manquait declarté ; mais il y avait autant d’érudition que de sagacité dans ses mémoires.C’est au milieu de ces travaux multipliés sans interruption qu’une attaque deparalysie vint le surprendre le 10 novembre 1791 , et il ne lui fut plus permisde reprendre la suite de ses utiles occupations. Enfin il mourut à Hérii , prèsde Bayeux , d’une seconde attaque, le 31 mai 1799.
11 épousa , en 1763 , M. llc de Cussy, d’une des maisons les plus distin-guées de la Normandie . Il en a eu trois filles : l’aînée a épousé, le 15 juillet1789, M. de Parfoura , gentilhomme de Normandie , le lendemain de larévolution , qui amena bientôt la destruction de la noblesse ; la seconde aépousé, le 31 mai 1792 , le C. cn La Grange, que sa réputation et son génierendaient digne d’une pareille alliance : la troisième faisait la consolation deson père, et le charme de sa vieillesse par sa tendresse et par ses soins ; ellea épousé son oncle le médecin le 15 février 1798.
On n’a jamais fait le portrait de Le Monnier ; c’est à celui-là qu’on eûtpu appliquer, à juste titre, les beaux vers du C. tn de Cubières, qu’il a laitspour un portrait bien moins intéressant :
Du ciel, devenu son empire,
Son génie a percé les vastes profondeurs ;
Mais il règne encor sur nos cœurs ,
Et nous l’aimons autant que l’univers l’admire.
J’aurais désiré mettre dans le premier volume de mon Histoire céleste unepartie des observations de mon illustre maître; rien n’eût été si agréable que derendre à sa mémoire ce témoignage de ma tendre reconnaissance : mais on arefusé long-temps à mes instances et à mon zèle toute espèce de communicationde ses manuscrits. Je craignais qu’ils ne courussent risque de se perdre s’ils
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