Band 
Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
Entstehung
Seite
824
JPEG-Download
 

l 799-

824 HISTOIRE ABRÉGÉE

La question élevée sur le degré de Paris à Amiens et sur la base de Ville-juif à Juvisy , occupa long-temps Le Monnier ; il croyait que la mesure dePicard, en 1671 , devait être adoptée de préférence à celle de Cassini, LaCaille et Maraldi. Il fit élever une pyramide à Juvisy ; il prit les angles, ilmesura la base, et il reconnut enfin que la mesure de Cassini et de La Cailleétait exacte, relativement à la toise dont on sétait servi au nord.

En 1774? fi donna, avec les Arts de lAcadémie, sous le titre de Des-cription des principaux instruirions dastronomie-, celle du grand mural de Bird,qui a sept pieds et demi de rayon. Cet ouvrage a 60 pages in-folio, avec qua-torze planches ; il est important pour nous , et il manquait à lastronomie.

Le Monnier a été aussi utile par les travaux quil a fait entreprendre quepar ceux quil a exécutés. En 1744 > fi procura le Traité de laberration parFontaine des Crûtes, il mit un discours sur lhistoire de lastronomie, et uneméthode pour les éclipses; en 1754 , la première partie des Tables de Halley ,par labbé Chappe , il mit aussi des remarques sur les vents : il procurales observations de Chabert en Amérique, et celles du médecin Simon en Asie .Ce dernier , qui a fini par se faire musulman, sexerçait avec moi, en 1750,aux observations , sous la direction de Le Monnier ; il fit des observationsutiles à Alep, à Diarbekir , &c. Mémoires de l'Académie, 1782. = Tran-sactions philosophiques, 1755.

Nous devons encore à Le Monnier les travaux de Pingré , de Séligni ,du P. Chrysologue , &c.

Mais je suis moi-même le principal résultat de son zèle pour lastronomie;je nallais plus à ses leçons depuis que je logeais chez De lIsle. Le Mon-nier me prévint ; il vint au-devant de moi pour me lancer tout-à-fait dansla carrière. Le 18 mai 1751, il me fit faire un mémoire pour le ministredArgenson, et fit demander par le roi de Prusse qu011 envoyât un astro-nome à Berlin pour observer la lune, en même temps que La Caille au capde Bonne-Espérance, et déterminer ainsi la parallaxe et la distance du soleilet de la lune. Ce voyage était principalement destiné à me lier irrévocable-ment à lastronomie en procurant mon entrée à lAcadémie des sciences : maisil servit cependant aussi à déterminer un élément important ; et ma détermi-nation de la parallaxe de la lune, confirmée par La Caille et Du Séjour,est à-peu-près celle dont se servent tous les astronomes. II fit le sacrifice de sonmural anglais de cinq pieds, pendant un an, pour me lenvoyer à Berlin . IIfit faire par Julien Leroy un centre qui était un chef-dœuvre, et il sen servitpour vérifier avec moi les arcs de 30, de 60 et de 90° de ce mural.

Rien négale les peines que Le Monnier se donna pour ce voyage , sice nest la reconnaissance que jen conserverai toute ma vie , et que jaimanifestée avec la plus constante persévérance , malgré la disgrâce dans laquelleje suis tombé depuis : je nai cessé de dire , comme Diogène à son maîtreAntisthène : Vous ne trouverez point de bâton as s effort pour méloigner de vous .Sa haine pour La Caille et pour moi prouve quil était difficile à ramener;mais ses bienfaits envers moi avaient prouvé quil était encore plus aimant,

tant