DE L’ASTRONOMIE.
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Au mois de février, il vint à Paris pour solliciter cette entreprise. Lesastronomes se réunirent aux naturalistes pour en faire voir les avantages, etils prétendirent même à la partie la plus importante de l’expédition. La géo-graphie a tant de parties qui appellent notre zèle, que nous ne pouvionsmanquer de saisir avidement l’occasion de remplir quelques lacunes ; et le peuplefrançais, qui veut une marine, veut avoir des données dans toutes les mers,et se mettre à portée d’aider les navigateurs de tous les pays. Leur travail estce qu’il y a de plus grand et de plus vaste dans l’univers; quelques plantes,quelques insectes de plus, ne leur semblent pas pouvoir soutenir le parallèlepour l’importance d’un voyage. Plusieurs personnes voulaient qu’on attendîtla paix : mais le premier Consul, pour qui les difficultés disparaissent quandil s’agit des grandes choses, a voulu qu’on partît au plutôt; et le 19 octobre[ 27 vendémiaire], à dix heures du matin, nos voyageurs sont sortis du Havre-de-Grâce, en faisant route vers le nord. A dix heures du soir, ils avaient faittrente à trente-cinq lieues, malgré un retard d’une heure, causé par une visitedes Anglais . II y a toute apparence qu’ils ont démanché en deux jours.M. Beffin, qui les a accompagnés jusqu’à deux heures du matin, a été édifiéde leur union , de leur empressement et de leur joie. Le capitaine Hamelinest chéri et considéré de tout le monde; enfin il semble que du moins la cor-vette le Naturaliste n’est montée que par une seule famille.
Le bureau des longitudes, de concert avec les commissaires de l’Institut,a choisi deux astronomes : Frédéric de Bissy , né à Londres le 10 mai 1768,qui avait travaillé, de 1795 à 1798, dans mon observatoire de l’Ecole mili-taire; et Pierre-François B entier , né à la Rochelle le 10 novembre 1779,qui , après s’être exercé à Montauban avec le C. cn Duc - la-Chapelle , tra-vaillait depuis huit mois, d’une manière très-utile, dans mon observatoire duCollège de France , et s’est exercé à l’astronomie nautique avec une assiduitéextrême ; il sera bientôt accoutumé aux observations sur les vaisseaux : sonzèle et son intelligence me répondent du succès; et j’ai déjà vu avec intérêtson éloge dans le Journal de Paris du 24 brumaire.
Ce jeune astronome n’a pas oublié les soins que j’avais pris pour lui ; jeFai reconnu en lisant dans les journaux, qu’au milieu de la fête que les offi-ciers donnaient aux savans , lorsqu’on eut célébré la République et la Marine,Bernjer dit avec une tendre effusion de reconnaissance -. A ceux qui nous ontguidés dans la carrière des sciences ; et ce vœu , digne de sa sensibilité , futaccepté de tous les convives.
Je proposais encore un astronome, le C. en Louis Ciccolini, chevalier deMalte , né à Macerata le 22 novembre 1767, qui travaillait avec moi depuisdeux ans, et dont j’ai publié divers calculs dans la Connaissance des temps :mats il n’était pas Français ; cette raison a paru décisive, dans une circons-tance sur-tout où l’on voulait montrer le zèle des Français . J’ai fait des efiortsmutiles pour détruire ce préjugé. Au reste, j’ai vu avec plaisir que tous lestrois avaient un extrême désir de faire ce voyage, malgré les dangers de touteespèce qui en sont inséparables. Le général de Bougainville a eu le courage
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