Band 
Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
Entstehung
Seite
841
JPEG-Download
 

DE LASTRONOMIE.

84i

Au mois de février, il vint à Paris pour solliciter cette entreprise. Lesastronomes se réunirent aux naturalistes pour en faire voir les avantages, etils prétendirent même à la partie la plus importante de lexpédition. La géo-graphie a tant de parties qui appellent notre zèle, que nous ne pouvionsmanquer de saisir avidement loccasion de remplir quelques lacunes ; et le peuplefrançais, qui veut une marine, veut avoir des données dans toutes les mers,et se mettre à portée daider les navigateurs de tous les pays. Leur travail estce quil y a de plus grand et de plus vaste dans lunivers; quelques plantes,quelques insectes de plus, ne leur semblent pas pouvoir soutenir le parallèlepour limportance dun voyage. Plusieurs personnes voulaient quon attendîtla paix : mais le premier Consul, pour qui les difficultés disparaissent quandil sagit des grandes choses, a voulu quon partît au plutôt; et le 19 octobre[ 27 vendémiaire], à dix heures du matin, nos voyageurs sont sortis du Havre-de-Grâce, en faisant route vers le nord. A dix heures du soir, ils avaient faittrente à trente-cinq lieues, malgré un retard dune heure, causé par une visitedes Anglais . II y a toute apparence quils ont démanché en deux jours.M. Beffin, qui les a accompagnés jusquà deux heures du matin, a été édifiéde leur union , de leur empressement et de leur joie. Le capitaine Hamelinest chéri et considéré de tout le monde; enfin il semble que du moins la cor-vette le Naturaliste nest montée que par une seule famille.

Le bureau des longitudes, de concert avec les commissaires de lInstitut,a choisi deux astronomes : Frédéric de Bissy , à Londres le 10 mai 1768,qui avait travaillé, de 1795 à 1798, dans mon observatoire de lEcole mili-taire; et Pierre-François B entier , à la Rochelle le 10 novembre 1779,qui , après sêtre exercé à Montauban avec le C. cn Duc - la-Chapelle , tra-vaillait depuis huit mois, dune manière très-utile, dans mon observatoire duCollège de France , et sest exercé à lastronomie nautique avec une assiduitéextrême ; il sera bientôt accoutumé aux observations sur les vaisseaux : sonzèle et son intelligence me répondent du succès; et jai déjà vu avec intérêtson éloge dans le Journal de Paris du 24 brumaire.

Ce jeune astronome na pas oublié les soins que javais pris pour lui ; jeFai reconnu en lisant dans les journaux, quau milieu de la fête que les offi-ciers donnaient aux savans , lorsquon eut célébré la République et la Marine,Bernjer dit avec une tendre effusion de reconnaissance -. A ceux qui nous ontguidés dans la carrière des sciences ; et ce vœu , digne de sa sensibilité , futaccepté de tous les convives.

Je proposais encore un astronome, le C. en Louis Ciccolini, chevalier deMalte , à Macerata le 22 novembre 1767, qui travaillait avec moi depuisdeux ans, et dont jai publié divers calculs dans la Connaissance des temps :mats il nétait pas Français ; cette raison a paru décisive, dans une circons-tance sur-tout lon voulait montrer le zèle des Français . Jai fait des efiortsmutiles pour détruire ce préjugé. Au reste, jai vu avec plaisir que tous lestrois avaient un extrême désir de faire ce voyage, malgré les dangers de touteespèce qui en sont inséparables. Le général de Bougainville a eu le courage

O o o o o

I 0 00.