HISTOIRE ABREGEE
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ne pouvait pas représenter les observations, et ii trouva une orbite elliptique,la première que l’on ait eue. Le 30 juin, M. Piazzi m’écrivit : « Plusieurs» astronomes croient que c’est une planète ; j’en doute encore. » Le 1 S' juillet,M. de Zach m’envoya une carte gravée de la route que la planète devaitsuivre après sa conjonction , d’après les éiémens elliptiques.
Le C. cn Burckhardt, livré à des recherches plus importantes et plus diffi-ciles , ne s’en occupait plus ; mais d’autres astronomes calculaient d’autreséiémens. M. Piazzi lui-même en publia, avec ceux du C. en Burckhardt, dansun mémoire italien qu’il nous envoya, intitulé Risultati dette osservayoni délianuova Stella; et il convenait que les éiémens du C. 1 " Burckhardt satisfaisaienttrès-bien aux observations. Dès-lors il ne fit plus de difficulté de donnerun nom à sa nouvelle planète ; il l’appela Ceres Fcrdinandea , à cause de ladéesse de Sicile et de son souverain actuel. D’autres astronomes voudraient lanommer Ji/nra, à cause de sa proximité de Jupiter ; pour moi, je voudraisqu’elle ne fût que la planète de Pia^i.
Enfin, le 25 août, il m’écrivit : « J’espère que vous vous intéresserez à» cette découverte faite par un des plus respectueux , des plus tendres et des» plus reconnaissans de vos élèves. «
Mais on avait beau supposer une période et une orbite elliptique au nou-vel astre, il fallait le revoir à sa sortie des rayons solaires; et cela était très-difficile , à cause de sa petitesse et de l’incertitude de son mouvement.
Au mois d’octobre, M. le docteur Gauss , de Brunswick, vint à bout dereprésenter, à 5" près , toutes les observations de M. Piazzi. M. de Zachs’en servit pour calculer les lieux de la planète; et il a joui de son travail,puisqu’il a été le premier à la retrouver. Le 26 novembre, il m’en envoyade nouveaux éiémens avec une éphéméride de la planète jusqu’à la fin del’année. Le 6 décembre , il m’écrivait que MM. Schroeter , Bode , Olbers et lui cherchaient inutilement, et il m’envoyait les observations de M. Piazzimieux calculées.
Cependant je continuais de douter de l’existence de la planète : l’intervalledes observations était trop court ; et une comète dérangée, comme celle de1770, par des attractions étrangères, me semblait pouvoir décrire l’arc obser-vé ; je ne pouvais croire à une planète si petite , et qui n’avait jamais étéremarquée. Mais M. Olbers , à qui nous devons un excellent traité des comètes,et qui a pris à cœur cette branche de l’astronomie, s’occupait, de son côté,à lever ces difficultés. La recherche était très-difficile , à raison de la peti-tesse de l’astre et de l'incertitude qu’il avait sur l’endroit où il fallait le chercher.
D ès le 7 décembre, M. le baron de Zach retrouva la nouvelle planèteà Gotha, à 1 8 h 48 10", temps moyen; il observa son ascension droite, 178°33' 31" exactement, et sa déclinaison à-peu-près 1 1 0 4 1 ' t ■ ma!S ^ n’en futassuré que le 3 1 décembre, parce qu’il avait observé quatre petites étoileset qu'il ne pouvait décider laquelle était la planète.
Avant que j’eusse reçu cette observation , j’appris que, le 1." janvier 1 802 ,M. Olbers avait eu la même satisfaction. Ce jour-là, par bonheur, la planète