Band 
Histoire abrégée de l'astronomie, depuis 1781 jusqu'à 1802.
Entstehung
Seite
848
JPEG-Download
 

84 *

HISTOIRE ABREGEE

Le 17 , à 3 h 46 ' 8", temps moyen réduit à l’Observatoire, la longitude étant

I 8 O 1. 5 5 i 6 n 2 i' 26"$, et la latitude iy°y 57 5, les tables du.C. cn Burckhardt ne don-naient que 5" de plus. A la tin du mois de juin , les observations du C. tn Messierdonnent 17" pour l’erreur des tables : ainsi l’on peut dire que le mouvementde la planète est déjà connu avec une précision singulière.

Quant à sa grosseur, elle a paru à M. Piazzi comme une étoile de hui-tième grandeur. Lorsqu’elle s’est trouvée plus près de nous, n’étant éloignéeque de 27 millions de myriamètres ou 60 millions de lieues , on l’estime aumoins de septième. Cela me paraîtrait indiquer \ de diamètre apparent. MaisM. Herschei nous écrit qu’avec son meilleur télescope il n’a trouvé qu’unsixième de seconde de diamètre, et qu’elle n’a pas de nébulosité sensible.'Ensupposant une demi-seconde, je trouve son diamètre réel de 65 myriamètresou 145 lieues, c’est-à-dire, 120 lois moins que la terre.

Cette extrême petitesse de la nouvelle planète sort encore de toutes lesrègles connues jusqu’à présent, puisque c’est une planète principale, et qu’elleest beaucoup plus petite que la lune, la plus petite des planètes secondaires.

En annonçant une observation aussi curieuse, on est persuadé que le publicdemandera, quel est donc l’heureux astronome à qui nous la devons !

Joseph Piazzi est né à Ponte dans la Valteline en-1746. H entra dans l’ordredes Théatins . Il fut professeur de mathématiques à Malte en 1770, et àPaïenne en 1781. II inspira au prince de Caramanico , vice-roi de Sicile ,l’envie de profiter d’une ancienne tour dans le palais des rois de Sicile àPaïenne, pour y faire bâtir un observatoire. Pour en tirer le meilleur parti,il comprit la nécessité de visiter les grands observatoires et de voir les astro-nomes les plus exercés. — Histoire de l’astronomie, 1789. Il vint à Paris le28 janvier 1787, et il travailla avec nous d’une manière qui nous édifia.

En 1788 il alla en Angleterre, où il fit faire de beaux instrumens; et ila déjà publié deux volumes d’excellentes observations. II se prépare à mesu-rer un degré en Sicile ; et je lui ai déjà envoyé des instrumens construits ,pour cet effet, par notre habile ingénieur le C. cn Lenoir.

En acquérant pour notre système solaire une nouvelle richesse que nousne connaissions point, il nous est agréable de la devoir à un astronome quiavait choisi le Collège de France pour s’exercer à l’astronomie.

Parmi les avantages que j’annonçais dans mon Histoire céleste, des observa-tions de 50000 étoiles, je comptais pour beaucoup celui d’y trouver les obser-vations d’une nouvelle planète, si par hasard on venait à en découvrir une. J’aicru d’abord que j’allais avoir cette satisfaction, en voyant que le 1 3 mars

1797 il y avait une étoile à 8 h 19' d’ascension droite, et à 1 5 0 58' de dis-

tance au zénith. C’est presque la situation qu’avait la planète ce jour-là ;mais il y a 27' de trop pour la déclinaison. Probablement la planète passadans la lunette; mais ce jour-là mon neveu n’observait que de i4“ à 16 0 dedistance au zénith. Au reste, le C. cn Burckhardt continue cette recherche ;et je ne désespère pas du plaisir de recueillir ce nouveau fruit du travailimmense qui nous a occupés pendant dix ans. Cette planète ne pouvait pas

non