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5 (1815) Pièces de l'année 1813, jusqu'au 12 avril, 1814 / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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No. II.

Lettre du duc de Tarente au prince major-général.

Tilsitt, le 31 Décembre, 1812.

Monseigneur,

Après quatre jours dattente, dinquiétudes et dangoisses dontd ; ne partie du corps prussien a été témoin, sur le sort de1 arrière-garde qui, depuis Mittau , me suivait à une marchede distance, japprends enfin par une lettre du général dYorck<i u d a décidé lui-mème du corps prussien.

Je joins ici copie de cette lettre sur laquelle je ne me per-mets aucune réflexion ; elle excitera lindignation de tout hommedhonneur.

Le général de Massenbach qui était ici avec moi, avec deuxbatteries, six bataillons et six escadrons, est parti ce matinsans mes ordres pour repasser le Niémen . Il va rejoindre legénéral dYorck. Il nous abandonne ainsi devant lennemi.

Agréez, etc.

(Signé) Le maréchal duc de Tarente, Macdonald.

No. III.

Lettre du général dYorck au maréchal duc de Tarente.

Tauroggen , le 30 Décembre, 1812.

Monseigneur,

Après des marches très-pénibles, il ne ma pas été possiblede les continuer sans être entamé sur mes flancs et sur mesderrières» Ç'est ce qui a rétardé la jonction avec V. Exc. ; et,devant opter entre lalternative rie perdre la plus grande partiede nies troupes, et tout le matériel qui seul assurait ma sub-sistance, ou de sauver le tout, jai cru de mon devoir de faireune convention par laquelle le rassemblement des troupesPrusienues doit avoir lieu dans une partie de la Prusse orientale ,flui se trouve par la retraite de larmée française au pouvoir de* armée russe.

Les troupes prussiennes formeront un corps neutre, et ne sepermettront pas des hostilités envers aucune partie. Lesuvéneinens à venir, suite des négociations qui doivent avoirheu entre les puissances belligérantes décideront sur leur sortlutur.

s Je mempresse dinformer V. Exc. dune démarché à laquelleJ ai été forcé par des circonstances majeures.

Quel que soit le jugement que le monde portera de ma con-duite, jen suis peu inquiet. Le devoir envers mes troupes etd réflexion la plus (mûre, me la dictent ; les motifs plus purs,<pi elles quen soient les apparences, me guident.

En vous faisant, Monseigneur, cette déclaration, je macquitte

tome v. D