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No. II.
Lettre du duc de Tarente au prince major-général.
Tilsitt, le 31 Décembre, 1812.
Monseigneur,
Après quatre jours d’attente, d’inquiétudes et d’angoisses dontd ; ne partie du corps prussien a été témoin, sur le sort de1 arrière-garde qui, depuis Mittau , me suivait à une marchede distance, j’apprends enfin par une lettre du général d’Yorck<i u d a décidé lui-mème du corps prussien.
Je joins ici copie de cette lettre sur laquelle je ne me per-mets aucune réflexion ; elle excitera l’indignation de tout hommed’honneur.
Le général de Massenbach qui était ici avec moi, avec deuxbatteries, six bataillons et six escadrons, est parti ce matinsans mes ordres pour repasser le Niémen . Il va rejoindre legénéral d’Yorck. Il nous abandonne ainsi devant l’ennemi.
Agréez, etc.
(Signé) Le maréchal duc de Tarente, Macdonald.
No. III.
Lettre du général d’Yorck au maréchal duc de Tarente.
Tauroggen , le 30 Décembre, 1812.
Monseigneur,
Après des marches très-pénibles, il ne m’a pas été possiblede les continuer sans être entamé sur mes flancs et sur mesderrières» Ç'est ce qui a rétardé la jonction avec V. Exc. ; et,devant opter entre l’alternative rie perdre la plus grande partiede nies troupes, et tout le matériel qui seul assurait ma sub-sistance, ou de sauver le tout, j’ai cru de mon devoir de faireune convention par laquelle le rassemblement des troupesPrusienues doit avoir lieu dans une partie de la Prusse orientale ,flui se trouve par la retraite de l’armée française au pouvoir de* armée russe.
Les troupes prussiennes formeront un corps neutre, et ne sepermettront pas des hostilités envers aucune partie. Lesuvéneinens à venir, suite des négociations qui doivent avoirheu entre les puissances belligérantes décideront sur leur sortlutur.
s Je m’empresse d’informer V. Exc. d’une démarché à laquelleJ ai été forcé par des circonstances majeures.
Quel que soit le jugement que le monde portera de ma con-duite, j’en suis peu inquiet. Le devoir envers mes troupes etd réflexion la plus (mûre, me la dictent ; les motifs plus purs,<pi elles qu’en soient les apparences, me guident.
En vous faisant, Monseigneur, cette déclaration, je m’acquitte
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