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la Berezina. Lorsque S. M. traversa Krasnoi, elle eut tt rejeteren arrière l’ennemi qui s’était mis entre la garde et mon corpsd’armée. Aussitôt que mon corps eut rejoint l’armée, S. M.con-tinua sa marche, et mon corps dut suivre, sans s’amuser à sou-tenir uue lutte dans laquelle l’ennemi avait sur nous l'avantaged’une artillerie et cavalerie nombreuse manœuvrant sur des patinset sur des traineaux. Mais mon corps n’a pas rencontré l’en-nemi qu’il ne l’ait battu. 11 a fait des pertes très-fortes par lesfatigues, le froid, et celte fatalité qui a fait périr tous nos che-vaux de cavalerie et d’artillerie. Une grande quantité de meshommes s’est éparpillé pour chercher des refuges contre la ri-gueur du froid, et beaucoup ont été pris. V. A. sait que je nene dissimule pas mes pertes ; elles sont sensibles sans doute, etme navrent de douleur ; mais la gloire des armes de S. M. n’a pasÉté compromise un seul instant!
(Signé) Le maréchal duc b’àubeestADT,prince d’Eckmuhl.
Lettre du maréchal duc d'Elchingin au major-général.
Elbiug, le 10 Janvier, 1813.
Monseiguear,
Je lis dans les gazettes de Saint-Pétersbourg , que le 1 7 No-vembre, à minuit, mon corps fort de 12,000 hommes a envovéparlementer et a posé les armes; que moi je me suis sauvé seulet blessé en passant le Borysthène sur les glaees!—Je ne puispas croire que le général de l’armée russe ait, dans ses rapports,donné lieu à un pareil mensonge ; et quoique je sache le peu deconfiance qu’on accorde en Europe à ces rapports des gazettesrusses constamment décréditées par l’absurdité de leurs contes,cependant je prends le parti d écrire à V. A., et je la prie defaire imprimer ma lettre pour donner un démenti formel àcelui qui a dit que mon corps avait posé les armes et quej’étais passé seid au-delà du Dnieper . Bien loin de là, dansla journée du ] 7 Novembre, j’ai contenu seul les efforts del’ennemi ; je n’avais que 4,000 hommes dans ce moment sousmes ordres, et par le malheur des circonstances où nous noustrouvions, je n’avais pas d’artillerie; l’cuneiui en avoit unenombieuse; je l’arrêtai toute la journée; je reconnus bien alorsque ce n'élait plus la même infanterie ; car ils vinrent à moi plu-sieurs fois, et malgré la grande supériorité du nombre, ils nepurent jamais m’entamer. A dix heures du soir, ils m’en-voyèrent un colonel en parlementaire pour me proposer de nierendre ; je ne répondis à cette impertinence qu’en faisant leparlementaire prisonnier, et en l'emmenant avec moi sur l’autrerive du Dnieper que je fis repasser ù mes troupes, et je l’ai re-mis le lendemain au quartier-général' de S. M. à Orcha , lorsquej’y arrivai avec mon corps. Il me manquait à peine 500 hommesqui avaient été tués dans le combat delà veille.