continentales. Enfin, l’énergie de notre gouvernement, sa vo-lonté ferme et constante, étaient seules capables de lever deplus grands obstacles.
L’administration de la marine sentit pourtant la nécessité d’a-dopter un système fixe et calculé, qui fît marcher de front lacréation ou le rétablissement des ports, la construction desvaisseaux et l'instruction des matelots.
Dans la Manche , la nature a tout fait pour l’Angleterre ; ellea tout fait contre nous. Dès le règne de Logis XVI on avaitsenti l’importance d’avoir un port sur cette mer ; le projet deCherbourg avait été adopté, et les fondemens des digues avaientété jetés. Mais dans nos troubles civils, tous ces ouvrage*interrompus s’étaient détériorés, tout avait été remis en pro-blème jusqu'à la convenance du choix du local, et on deman-dait si on n’aurait pas mieux fait de préférer la Hogue à Cher bourg .
L’administration fixa ses regards sur ces importantes ques-tions. La décision en faveur de Cherbourg , fut confirmée, eton travailla sans délai à rehausser la digue pour abriter la rade.
Mais cette rade avait les inconvéniens d’une rade foraine.Le carénage des vaisseaux y était impossible, ou difficile.L’adhiinistratiou ne s’arrêta ni à la dépense, ni à la difficultédes localités, et on entreprit un port creusé dans le roc pou-vant contenir 50 vaisseaux de guerre et des chantiers suffisantpour la construction d’une escadre.
Après dix ans de travaux, le succès a justifié toutes ces en-treprises. Une escadre est sur le chantier de Cherbourg , etles. bassins pourront recevoir cette année l’escadre la plu*«ombreuse. C’était beaucoup que d’avoir satisfait au besoin,senti depuis le combat de la Hogue, d’avoir un port dans laManche ; mais il n’était pas moins important d’avoir un portdans la mer du Nord et de pouvoir profiter des rades nom-breuses et sûres de J’Escaut.
Le bassin de Flessingue , celui d’Anvers ont coûté bien desmillions. Vingt vaisseaux peuvent être construits à la fois dan*les chantiers d’Anvers et plus de 60 trouver un abri dans lesports d’Anvers et de Flessingue .
La Hollande contenait une population qui s’est toujoursdistinguée dans la marine ; mais les vaisseaux de constructionhollandaise ne pouvaient être employés utilement dans la lutteactuelle. La célérité de la marche est un des élémens de laguerre maritime, et les vaisseaux hollandais paraissent plutôtconstruits pour porter des marchandises que pour évoluer etlivrer des batailles.
Ce peuple industrieux avait fait des miracles pour vaincre le*obstacles, en apparence insurmontables, de ses localités, mai*il n’avait réussi qu’imparfaitement.
L’administration sentit qu’il n’y avait dans la Hollande cju’mt